Anto', mon fils aîné, m'a offert une belle galette pour mon anniversaire. Mais que j'aime quand il m'offre du son ! Il m'a déjà fait découvrir la Swedish House Mafia quand il avait... 13 ou 14 ans, puis plus tard Joey Bada$$, Lomepal (bien avant sa montée récente !), Alpha Wann... Il a de belles oreilles, mon Anto !
A chaque fois, il a su toucher au but : émouvoir un papa toujours prêt à découvrir du son, mais quand même assez exigeant.
Cette fois, il m'a encore offert un CD. Inconnu pour moi. Il a encore tapé dans le mille.
#leSon
Il s'agit de Anderson .Paak (donc avec le petit point, il faut prononcer "dotpaak", hein). Un album intitulé Malibu, comme cette plage de Californie... l'Etat d'où il vient. Cet album est tout simplement excellent. Il est un mélange de soul, de hip-hop, de groove, de funk, de jazz (prononcez "djèèèz", parce que là, nous sommes avec des blacks) amené par de magnifiques samples mais aussi une rythmique millimétrique : le Monsieur est batteur. On ne la lui fait donc pas... et le tout est servi avec - oui - des coulées de son très pop. Ce sont en fait des coooolées de son. La mélodie s'infiltre avec discrétion et donne une grande classe à l'ensemble.
C'est un sublime melting-pot musical sur lequel se mènent et se promèment le beat, le flow et la voix de .Paak.
Yasiin Gaye est un diptyque. 2 volets, 2 albums, appelés des "faces", puisqu'il y a la Side One, et la Side Two. Celles-ci forment un ensemble d'une qualité exceptionnelle.
C'est Amerigo Gazaway, un DJ producteur de Nashville qui a orchestré une grande rencontre clairement expliquée sur l'artwork du premier album : un mashup du meilleur du regretté Marvin Gaye et de Yasiin Bey, aussi connu sous le nom de Mos Def.
Vous connaissez sûrement Marvin, évoqué dans mon post précédent... Quant à Yassin, il est bien connu des services intérieurs américains. Trouble-fête et ttouble-fait notoire, il ouvre sa gueule dans un rap vengeur qui ne va pas dans le sens du poil de la bonne pensée Etasunienne, ce qui lui vaut des problèmes réguliers, avec au hasard son impossibilité de passer sa propre frontière pour rentrer au pays il y a quelques jours... alors qu'il est pleinement citoyen américain, fils, petit-fils, arrière-petit-fils de bons niggamericains... autre conséquence - a priori - du "désamour" qu'il provoque auprès des autorités US, quelques heures après la mise à dispo gratuite de la Side One en février dernier, le lien de download a été tout simplement retiré, pour des raisons officielles de droits... Je doute qu'un producteur ait zappé une telle partie en amont, surtout quand la base des albums est constituée de samples de morceaux de Marvin...
Quoiqu'il en soit, l'oeuvre est maintenant complète depuis deux jours. Le diptyque peut enfin être savouré dans son intégralité.
C'est un concentré de soul music, de douceur et de groove (merci Marvin) et de black power à la sauce rap (merci Yasiin).
Les amateurs de Soul y trouveront un pur plaisir par cette cure de jouvence apportée à de vieux chefs-d'oeuvres. Les amateurs de rap vont apprécier cet apport de soulitude à leur style revendicateur.
Mais tout le monde découvrira une sublime reconstruction, riche, puissante et diablement brûlante.
Que l'on soit de l'ecole rappeuse ou de l'école souleuse, le résultat est, certes surprenant, mais avant tout magique et inespéré.
La richesse est aussi faite de quantité de documents audio, d'interviews qui viennent se coller dans les merveilleux mixes. On frôle le rockumentaire radio. Ou plutôt le groovumentaire.
Le concept de chacun des 2 opus est un voyage en avion. Un aller - The Departure (Side One) - et un retour - The Return (Side Two). Alors bons voyages, ceux-ci forment la jeunesse.
Et à ce sujet, pour la page humour, la parodie de "this is your captain speaking" est un grand moment sur l'intro de votre retour :-)
Groovez, kiffez, balancez, envoyez du flow... ou whatever : vous prendrez votre pied.
Enjoy
Peace and B Wild.
Pour récupérer chacun des albums, cliquez sa belle pochette.
Non, une fois de plus, ce n'est pas en jouant les suricates de la zik, ni en ouvrant grand les esgourdes, en fouinant sur le net, ni encore en discutant avec d'autres suricates... Non. Rien de tout ça. C'est juste en recevant un cadeau - un CD - de mon fils. Ce petit grand gars ou ce grand petit gars, à la tête bien faite, a la culture qui grandit à chaque seconde en y incluant avec passion l'onglet musical.
Oui, cette semaine il m'a offert une perle.
L'expression est certes facile, mais tellement appropriée : "Cette Foutue Perle" de Lomepal. C'est un rap dont la qualité du groove et du flow me transpose 20 ans en arrière, aux belles années de ceux qui ont installé ce genre musical en VF dans nos douces oreilles : I Am, NTM, et n'oublions pas MC Solaar et sa teinte trip hop, puis, dans un genre bifurquant, rappelons aux mémoires l'ultra flow groovy de Alliance Ethnik...
Mais revenons à Lomepal. Il est trop pâle, cet homme, pour déclamer de façon hargneuse, alors il parle sur des rythmes plutôts langoureux..
Ce trop court album est un concept. Une histoire qui nous est contée au fil des textes denses du jeune gars.
Pas de hargne, donc. Pas d'incitation à casser du keuf, il y a certes de la banlieue dans la voix (... 'faut dire, le genre l'impose...), de beaux samples, et un rythme qui vous pousse au headbanging calme et serein.
Tout est bon ici. Il faut écouter plusieurs fois pour essayer de saisir tous ces textes (ce sont les featurings qui me sont... incompréhensibles !) et la subtilité des arrangements.
Je vous invite à découvrir cet album, dans son intégralité, pour votre plaisir, et surtout, n'hésitez pas à faire tourner. C'est très bon !
Merci Anto, donc merci Seki (c'est son tag de grapheur) pour cette belle découverte, ce beau cadeau.
Je ne sais pas pourquoi, mais samedi, j'ai eu une pulsion. Il fallait que je me remette du NTM dans les ouïes.
Je l'avoue, aux toutes premières heures de Suprême NTM - car n'oublions pas le vrai nom political correct du groupe - je n'ai pas vraiment adhéré. C'est avec "1993 J'Appuye sur la Gachette" que j'ai senti la vibe. La putain de vibe...
Hier, donc, je me suis donné comme mission de réécouter les 4 albums qui constituent la fulgurante ascension de ce collectif mené - s'il est besoin de le rappeler - par Kool Shen et Joey Starr. En fait, je voulais savoir si leur musique qui a en gros 20 ans d'âge avait pris des rides, ou même si elle était devenue has-been.
... Oh la vache... C'est la claque du siècle. J'habite St Denis - neuf cube - terre nourrissière de NTM, et depuis 10 ans que j'y vis, mes moments de piéton sont souvent animés par le rythme sourd qui sort des voitures, toutes fenêtres ouvertes, laissant hurler à la rue l'évident rap de la dernière heure. Je vous l'affirme, ce rap là oscille entre médiocrité et nullité. Il est mauvais copieur, bas de gamme, et à ranger dans les rayons à côté de l'after shave Mennen dont s'aspergent quotidiennement ses auditeurs.
Revenons à NTM : non seulement leur son est toujours d'actualité, mais surtout, il reste inégalé et, je me permets de le dire - inégalable, pour la simple et bonne raison qu'ils ne sont jamais dans la caricature du rap after shave évoqué plus haut. Leur musique, leur scande est vécu. Ils ont même un humour incroyable. Pour ce qui est autour, les rythmes, les samples, le mix, l'orchestration et la mise en scène de tous ces ingrédients, c'est un zéro faute. Tout est bon dans NTM, et je ne sais même pas si c'est Hallal.
En gros, si j'ai un reproche à leur faire, c'est d'avoir grillé toutes les cartouches du rap français, sans laisser la place à quiconque derrière pour apporter quelque chose. De telle sorte qu'aujourd'hui, ne restent plus que des suiveurs, copieurs de bas-étages. Une exception tout de même, Cabadzi. Mais ça n'est presque plus du rap...
Cet article est lá, quand même, pour vous inciter à vous replonger, en apnée jamais juvénile, dans les 4 albums qui firent l'histoire de NTM, ou de Suprême NTM (à vous de choisir). S'il y a la hargne et la haine inhérentes au rap, au hip-hop, ces albums sont fait d'une multiplicité de maîtrise d'oeuvre et de créativité : un groove qui vous prend aux tripes, des samples dont la qualité n'a d'égale que celle de celui qui les mixe, et puis... Et puis... Cette fluidité vocale, toujours articulée, cette verve, ce scande...
Et puis, il y a ce doute... quand on écoute NTM, on ne sais plus trop si on va suivre le rythme parfois langoureux du beat, ou la Suprême excitation d'un rap ravageur...
NTM est magique. Ils n'ont pas pris une ride. Ils ont tout compris - à quelques exceptions près - au hip-hop, et ont su traduire cette culture à la sauce française par le poste de douane de Saint-Denis.
Écoutez-les. Vous bougerez, vous grooverez, vous sourirez, vous vous marrerez, vous vous poserez des questions et puis, surtout, vous écouterez un son unique, diablement bon. L'album "Authentik", premier opus du groupe, est déjà marqué d'une maîtrise incroyable, le verbe y est aussi fort et puissant que le rythme. "Le Monde de Demain"... Une anthologie du rap français à lui seul. Ce morceau prévient de la menace qui enfle et éclatera 14 ans plus tard au travers des émeutes de 2005... Musicalement, un sample tiré de Trouble Man de Marvin Gaye, remanié avec grand art par des beats de folie et Kool et Joey déroulant leur scande avec fureur et une fluidité déconcertante. La modération est ici exclue.
Enjoy, enjoy, enjoy, enjoy et enjoy again.
Peace & B wild... et n'oubliez pas de passer le spliff ;-)
Oui, c'est un grand merci que j'adresse à Laurent Lavige – "les nuits de Lavige" sur France Inter, de minuit à une heure du mat'. Si cette émission peut être mal ressentie dans son écriture - c'est un road movie radiophonique, mais bien foutu - la programmation musicale y est inégale, variée mais plutôt très bonne dans l'ensemble... en tout cas pour les vieux routards.
Mais surtout, parfois, des sursauts de bonheur auditifs hors du commun, des pépites rutilantes viennent enluminer ce très officiel milieu de la nuit...
Jeudi soir, ou plutôt vendredi matin donc, ce fut une bulle, une parenthèse dans l'espace temps.
Lavige nous a ressorti un groupe qui n'a produit que deux albums depuis 2002… le dernier datant de 2005. Il est a supposer que ce duo de blackettes "made in the UK" a splitté en vol depuis… Je vous présente Floetry.
C'est de leur deuxième opus, Flo'Ology, que Lavige a extrait la perle qui m'a saisi alors que j'essayais de m'effondrer dans les bras de morphée. C'est le morceau d'ouverture qui est intitulé "Blessed 2 Have", et qui contient un sample de School de Supertramp (Album Crime Of The Century, 1974).
Le R'n'B y est servi à la sauce rap dans un dosage digne d'un grand chef, sans lourdeur, et avec des moments aériens.
J'appose un sticker "five stars" mérité sur ce morceau, surtout quand il est mixé derrière avec le sus-cité School de Supertramp. Comme vous êtes beaux et gentils, je vous offre ce mix : il vous suffit de cliquer sur CADEAU. Le lien est valable 1 mois, après, faites moi vos demandes via FB...
Parce que vous le valez bien. Et parce qu'il le vaut bien, ce morceau.
Après la musique de filles, et afin de rétablir une certaine équité, voici quelque chose que je qualifierais de plus masculin.
Je vous présente Maticulous. Ce sont 15 pistes que ce duo bien accompagné nous propose. Enfin, quand je dis 15, il y en a 9, puis la reprise de 6 morceaux en instru pour ceux qui voudraient s'essayer à la tchatche rappeuse et aux explicit lyrics de ce genre musical où, à mon goût, rares sont les bons. Mais Maticulous reste hyper honnête : ce n'est pas un album, ce n'est qu'un EP puisqu'il s'appelle The Maticulous EP.
Je disais que rares étaient les bons ? Figurez-vous que cette fois-ci, nous avons du bon. Du rap d'aujourd'hui... qui nous replongerait presque aux confins des années '80. Et ça, ça fait plaisir.
Maticulous rend magnifiquement hommage aux racines du rap : le Rythm'n'Blues et... le Jazz. Ce sont ces présences vocales pour les premières racines, ce sont quelques accords saupoudrés de-ci de-là pour les secondes, ce qui devient, vous en conviendrez, de l'acid jazz...
Coup de chapeau au morceau Once Invented et sa belle variation qui amène si bien le lancinant Broken Cup. Celui-ci est aussi rendu si doux par un son (higher, puis we know...) qui vient flotter sur chacun de vos earplugs... Un vrai plaisir et une réelle maîtrise de tous les ingrédients du rap : la tchatche, le sample, le DJ'ing, et un sens du rythme à la pointe... Ces gars là ont compris qu'à un même BPM, on peut faire bouger différemment en fonction des sons.
Je ne peux que vous recommander cet album. Il est riche de sons. Et en fait, ce n'est pas de la musique de mec : il sait être mélodieux, il ne hurle pas la haine absolue, il raconte, il ne transpire pas la pimp attitude,il vous mettra bien grâce à un groove fou. Autour de la piscine, par exemple.
Doggumentary, le nouvel album de Snoop Dogg, contient généreusement 22 titres et, comme toujours, une foule de collaborations.
Mais ici, Snoop Dogg étonne son publc car cet opus se positionne délibérément en marge de tout ce qu'il a fait jusqu'à maintenant.
En effet, il avait habitué son public à un profond ancrage dans la Pimp-attitude, ultra-myso, tenant haut et fort son titre d'empereur local du mauvais goût : dégoulinades de dorures new-rich sur faux ancien (admirez le fauteuil - façpn méthode Cauet - sur la cover...), de fourrures, de bagnoles de 16 mètres de long, de costards blancs, et de bagouses de 300 grammes... Le tout servi sur fond de rap hyper masculin, sans jamais être hargneux. Oui, il y a vraiment du Huggy-les-bons-tuyaux en lui. L'univers de Snoop n'est pas le bling-bling : c'est le blang-blangdu gang-bang, car l'imagerie du porno reste ici de rigueur.
Et le voici donc s'aventurant sur des terres inconnues, au fil de collaborations... parfois lunaires, jugez plutôt :
Une apparition de Willie Nelson sur "Superman". Si, si ! Ce papy-tranquille de la Country-Folk, avec ses nattes indiennes ! Le Chantre des Red-Necks s'en va séduire un des maîtres de l'affirmation idenditaire black ! Qui aurait pu croire une telle alliance ?
John Legend est aussi présent sur Eyez Closed, et partage la collaboration avec Kayne West... Oui, tout ça est lunaire !
Au rayon compromission, l'improbable "versus" qui oppose Snoop à... David Guetta. C'est sur "Wet", puis "Sweat". Je vous rassure (?), c'est le même morceau... Avec juste une différence toute snoopienne de vouloir faire transpirer sur "Sweat", et de vouloir faire mouiller sur "Wet"... Oui, ici Snoop garde une grande subtilité doublée d'une majestueuse élégance!... Quoiqu"il en soit, ce wet/sweat est quand même la grande fausse note de Snoop. La mouche dans le lait (mais, Ne Nous Fâchons Pas...). C'est un mix de Dance qui porte notre "tranquille" Snoop aux portes des Black Eyed Peas, sauce Nouvelle Mouture : voix vocodée/malaxée, et beat de club (c'est mieux que l'inverse).... Il eut été préférable que ces deux morceaux soient inscrits sur une compile de Guetta, et oubliés ici.
Gorillaz ! Si, si. La formation emmène notre petit chien dans le monde de l'electro. Le résultat interpelle, oui, mais reste excellent.
Ça, c'est pour le rayon "je ne comprends plus rien"... Mais rassurez-vous, ces collaborations apportent un bon son ! j'ai seulement peur que Snoop, à dessein de renouer avec les ventes records, ait décidé d'étendre son champ d'action musical vers des univers parfois trop éloignés.
Il y a tout de même une collaboration qui, bien qu'elle ne soit pas issue de la scène rap, reste totalement légitime, c'est celle de Bootsie Collins. Le Mister Bling-Bling de la Funk intervient ici à deux reprises, avec sa voix douce, et nonchalante... La même nonchalance que celle de Snoop. Et puis, en autre point commun, il y a l'univers des 2 artistes : Snoop et Bootsie se partagent les filles qui forment leur indispensable faire-valoir. Ces icônes black aux seins exubérants, moulées dans leurs shorties d'où sortent deux guiboles de 1,14 mètre au bout desquelles, omniprésentes, leurs platform-shoes leur servent de base pour exercer leurs perturbants mouvements ondulatoires faisant défiler les uns à la suite des autres les cuisses, culs, bassins, abdomens, paires-de-seins et épaules... et inversement. Et tout ça sans jamais renverser une seule goutte de champagne... Oui, ce sont les mêmes Girls chez Bootsie et chez Snoop. Indistutablement.
J'espère en tout cas que mes étonnements ne seront pas ressentis par certains (ses proches) comme des trahisons, car sachant la qualité du petit monde qui gravite autour de Snoop, il pourrait se retrouver - le pauvre - avec quelques bastos logées dans le buffet de façon définitive.
En résumé, Snoop nous fait ici une livraison étonnante. Très bonne musicalement, mais le bonhomme s'assagit. D'un côté, c'est bien... Mais bon, il y a comme une part de son personnage qui s'efface...
Il y a de la découverte, forcément, alors : enjoy !
C'est par un magnifique "Ladies'n'Gentlemen" que cet album nous introduit au carrefour du hip-hop, du trip-hop, et du rythm'n'blues.
Car, oui, Mesdames et Messieurs, vous voilà accueillis sous les ors flamboyants d'un grand chapiteau de la groove, c'est un spectacle hors du commun.
Les contorsionnistes vont s'en donner à coeur-joie, les amateurs de beat bien dosé vont avoir leur shoot et des courbatures là et puis là, les claqueurs de doigts vont choper des ampoules sur le gras du bas du pouce.
Vous l'aurez compris, cet album me procure un plaisir immense, et tout ce que j'espère, c'est que vous ayiez ce même plaisir.
Revenons sur l'accueil de cet album. Il est on-ne-peut-plus correct et respectueux. Et quand c'est Môssieur James Brown qui vous accueille sur le doux et langoureux son de la basse et de la rythmique de "this is a Man's Man's World". C'est pour vous inviter à vous mettre à l'aise, keep cool... cooool... so coooooool. Installez vous comme vous voulez. Bougez si vous voulez. Oui : c'est ça : faites comme vous voulez. Please : feel at ease.
Cette galette n'a pas été écrite ni composée en tant qu'album. Ici, Dreddy Kruger, pour la deuxième fois, fait revivre le Wu-Tang Clan, groupe mythique de la scène rap des années 90, en exhumant des "lost files". Le 1er opus, sorti en 2009 était des instru' sur lesquels on ne peut qu'imaginer de belles déclamations.
Attention, le titre est long, très long : "Dreddy Kruger presents : Think Differently Music - Wu-Tang meets the Indie CultureThe Lost Files".
D'ailleurs, étaient-ils vraiment perdus, ces fichiers ? On s'en fiche : ce qui importe, c'est qu'is aient été retrouvés afin que nous puissions - oui - en profiter.
Cet album nous montre à quel point certaines personnalités savent exploiter les bienfaits du passé. Car chacune des 20 pistes contient l'essence, la quintessence du R'n'B. Ici, il ne faut surtout pas lire Arènebi, mais Rythm and Blues. Un son bourré d'Histoire, de témoignage, de vécu, d'ADN. Pas la soupe à deux balles du Arènebi. Et c'est pour ça que la présence de Brown en ouverture est d'une irréprochable légitimité.
L'ensemble de cet album est un concentré des cultures Black américaines depuis le début des années 70 jusqu'aux 90's. Une sorte de fichier zip de la blackattitude. Un travail merveilleux sur lequel la musicalité est très loin d'être laissée pour compte. Du Groove. Encore du Groove. Toujours du Groove... Avec la Rap-touch : exprimer, déclamer - sans les hurler - les urgences d'une société.
Pas de radinisme ici ! Les 20 pistes - parfois agrémentées de quelques talks de Jim Jarmush - vont, pour ceux qui sont aussi pâles que moi, réveiller des origines black en chacun de nous. Mais black d'outre-atlantique... Et pour être très précis, la transat s'arrête ici sur les 5 Buroughs de New York N-Y, avec en priorité Brooklyn, le Bronx, et le Queens.
Je vous conseille vivement cet album. Il fera apprécier aux plus rétifs le rap. Sans faire du gentil rappers' delight (même si celui-ci reste intemporel).
C'est nouveau, c'est du beau travail de didjè, mais ça ne pue pas l'expérimental sous acide.
Wildcookie est une heureuse réunion d'artiste. Vous noterez que j'aurais pu dire "un collectif", mais que voulez vous, j'abbhore cette expression. A partir du moment où des personnes se revendiquent d'un "collectif", vous pouvez être assuré que le résultat sera baigné d'un amateurisme pauvret, et large surestimation de créativité militante. Oui, les arts sont une forme de militantisme, il est donc inutile d'en rajouter une couche lourdingue...
Bon, j'ai fini avec ma logorrhée (et je ne te parle pas du "collectif" utilisé par les entraineurs de sport co' !!)(Oui ! c'est ça... Ne nous parle pas des entraineurs...).
Je suis venu vous parler de Wildcookie. Fred Kruger et Anthony Mills forment une équipe particulièrement créative. Leur production sur l'album "Cookie Dough"est un mix de cultures, un très beau travail de DJ. Entre soul, jazz, électro, rap... Outre le côté intéressant, c'est bien. Une bonne prod.
Heu... Attention, le morceau Flashy Flashy est étrange... Mais terriblement bon (il fait partie de la playlist de mars sur Dazed Digital, ze site).
Nous noterons une certaine fixette des créateurs sur le sujets des stupéfiants. Entre "Serious drug", "Heroine"... Les attachements sont pregnants. (Non, ils n'attendent pas un bébé...). D'ailleurs le gentil lecteur de cet article prendra soin d'écouter Heroine. C'est terriblement bon.
Je vais faire comme sur Amazon : "si vous aimez "X", vous aimerez certainement "Y"
Donc, si vous aimez la nébuleuse qui entoure Pharrell Williams (N*E*R*D, Neptunes, et tant de participations en production, voix...), vous aimerez certainement True Live.
True Live n'est pas un groupe tout nouveau, puisque cela fait depuis 2003 qu'ils créent depuis leur continent Australien.
Un album, Found Lost, qui vous apportera un son définitivement dynamique, recherché, alliant jazz et urban, avec une grande maîtrise des rythmes. Une section cordes qui destabilise les conventions de la musique urbaine.
Les 5 gars, emmenés par Ryan “RHyNO” Ritchie, vous donneront envie de bouger, et à l'instar de Pharrell, ils offriront aux plus hermétiques au rap l'opportunité de rentrer dans ce monde par une autre porte, et pas la petite.
Hautement, chaudement, et impérativement recommandé pour vous virer les excès de cérumen qui s'endorment au fond de vos douillettes ouïes.