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dimanche 15 février 2015

Inspirations brésiliennes au sommet.

La musique brésilienne est une source d'inspiration depuis 70 ans, que cela soit pour des reprises ou même du pompage éhonté. Voici quelques beaux exemples. Et tous les morceaux évoqués ici trouveront leur illustration youtubienne, directemment dans l'article.

Le premier exemple de tube bien français est le nonchalant et un peu anar "Qui C'est Celui-Là" de Pierre Vassiliu.


Le regretté Pierre n'est quasiment connu QUE pour ce morceau, qui fit son aisance financière pour le reste de sa vie, même s'il a pu connaitre quelques autres splendeurs, comme la sublime boucle de "film".

Revenons à "Qui c'est celui-là" qui est une pure adaptation de Partido Alto, du bel et séduisant Chico Buarque. La musique est intacte, en revanche, au niveau des paroles, Vassiliu s'en est donné à coeur-joie dans le libertarisme ! 



Pour info ou rappel, Chico, pilier de la musique brésilienne, a pondu "Essa Moça Ta Diferente", dont la notoriété fut créée chez nous par la pub Schweppes

(puis la parodie des Inconnus pour Schoups....)(Mais comme je n'arrive pas à la coller ici, vous pouvez la revoir là)




Le deuxième exemple sort encore des années 70, avec un grand barbu et sa bande de saltimbanques babos, avec même une naine en prime : Michel Fugain et le Big Bazar (ce dernier comprenant donc Mimi Matty). En 72, Fugain et sa bande envoient du bois plein de fleurs power. Le libertaire est encore au rendez-vous avec "Fais Comme l'Oiseau". 


Comme pour Vassiliu, c'est une adaptation d'un succès brésilien : "Voce Abusou". Ce morceau luso-outratlantiquais a été chanté et repris par les plus grands populaires de cette nation qui a tellement de couleurs dans sa population qu'elle en devient indéfinissable.
Ici, la partition de "Voce Abusou" est intacte, sauf le rythme qui est nettoyé de ses racines do brazil, et les paroles françaises sont mises à la sauce 70, salopette et bottes montantes intégrées. Mets des fleurs dans tes cheveux, et va traire tes brebis dans le Larzac.

Troisième exemple de succès français : Marcel Zanini. Ce jazzman accède au succès, avec une bonne tronche de ringard dont il use, puisque son "Tu Veux ou Tu Veux Pas" est traité dans sa version française avec humour.

La version originale, "Nem vem que não tem" a été chantée un an plus tôt par Wilson Simonal. Succès énorme... et répété dans sa version française de Zanini. 

Mais comme il faut rire sur les plateaux de Marity et Gilbert Carpentier, Brigitte Bardot s'y colle aussi et fait sa version, reprenant exactement le texte de Zanini.




Voilà pour les exemples français d'adaptations de succès brésiliens chez Molière.

Pour finir, je vous offre un truc de dingue. Rod Stewart. Je l'ai évoqué ici, au sein de mes Considérations avec l'article sur  Les Voleurs de Grands Chemins. Mais mon article était incomplet...1978, Rod-le-vulgos sort une bombe mondiale qui ne lui assurera pas l'aisance mais la fortune : "Da Ya Think I'm Sexy ".

Outre l'énorme pompage des vilons de Bobby Womack sur le morceau "If You Want My Love Put Something On It" dès les premières notes de musique...


... il y a juste le... refrain de "Da Ya Think..." qui est un pompage en bonne et due forme d'un morceau brésilien beaucoup plus connu cette fois-ci. Sans nous en rendre compte, la ligne musicale du refrain de Rod-le-vulgos ("if you want my mind... etc") est note-pour-note le pompage du "héféééféféféféfé" de Taj Mahal que vous entendrez à 0:47 sur cette video... c'est énorme. 


Ici, nous sommes dans le pompage , le vol absolu puisque, que cela soit pour Womack ou Taj Mahal, jamais aucune référence n'a été faite sur la pochette du disque de Stewart. Ça rajoute à sa vulgarité everestienne. Et ça n'enlève rien à la qualité de Da Ya Think'. Il faĺlait avoir l'idee des pompages.... mais il fallait aussi donner les inspirations. Ça aurait été plus propre ;-)

Enjoy.
Peace & B Wild.



mardi 9 décembre 2014

Lavilliers : une bonne tranche de rigolade.


Bon. Je vais être franc : Lavilliers m'a toujours gonflé avec ses gros bras musclés, et ses cheveux très coiffés-bouclés avant chaque prise de vue pour cacher une calvitie pas du tout assumée. Certes, il y a 2 morceaux dans sa discographie que j'aime bien. Juste deux (ils sont là).
Aussi,  je ne connaissais que cette image du mec qui est pote-de-pègre, qui a boxé dans tous les bidonvilles du monde... le vrai putain-de-routard, bordel ! Du fond du Bronx aux hauteurs des favellas de Rio, mec, si t'as besoin d'un médiateur, c'est Nanard !

... Et l'autre soir, en écoutant Inter pendant mes abblutions dentaires, j'ai soudainement marqué un temps d'arrêt, écarquillé les yeux en me regardant dans la glace, et dit intérieurement à mon si joli reflet qui affichait une loooonnngue dégoulinade de mousse dentifrice et une brosse à dents plantée dans le bec : "rhô dingue ! Il a commis ça avant les années 80 !". Car oui, Nanard a œuvré dans les années 70. Et croyez moi, c'est à se rire dessus (merci Diane) tellement c'est loin du gros baroudeur blasé que nous connaissons toutes et tous.
Il y a le Nanard-se-prend-pour-Ferré-Ferrat, et qui s'intègre dans une multitude de chansons qui sont la caricature révolutionnaire des 70's. Là, le flash est évident, je revois le regretté Bruno Carette (hier marquait les 25 ans de sa disparition...) chantant la La Rue Lepic (ici), et je revois aussi...  avez-vous vu ce film, Mes Meilleurs Copains, où cette bande d'ex-soixante-huitards qui ont finalement (presque) tous bien réussi se retrouvent 20 ans plus tard dans une grande baraque, campagnarde et confortable ? Ce film est bourré de flash-backs nous replongeant dans les délires artistico-révolutionnaires de la belle bande. Les jeunes intellos rouges qui essayent de lever les foules prolétaires qui ne comprennent finalement rien au discours de ces jeunes... 
Eh bien, cet album, Les Poètes, ce sont ces flashbacks. Vous reverrez Darroussin en délire guitareux sur un quai de canal desert, vous reverrez Bacri, Clavier, Lanvin, Khorsand... déclamamant des phrases trop théâtrales sur fond de musique incompréhensiblement contemporaine dans un spectacle à deux balles - certes bourré d'intentions de jeunesse (see below...) - le tout nappé d'acides et divers stupéfiants... ce film est drôle, et émouvant. Cet album de Lavilliers est simplement drôle (au delà de la recherche historico-ethnologique).

C'est juste pour un gros délire. Écoutez quelques morceaux, vous rirez.

Enjoy !!!!
Peace and B Wild.




lundi 8 décembre 2014

Brigitte. Idea changae humanum est. Non ?

Quand j'avais 14 ans, AC/DC m'était inaudible. Plus maintenant... Que voulez vous, les goûts évoluent. Et il n'y a que les idiots qui ne changent pas d'avis.

Alors, comme je n'aime pas être pris pour un idiot, je recommence aujourd'hui.

J'ai déjà évoqué dans cette Page Zik le duo Brigitte (ici). Ce n'était pas dans d'excellents termes ; à l'occasion de ce 2nd album, A Bouche Que Tu Veux, je corrige mon tir, et même, je ne canarde plus.
Je vous rassure, on reste à 4000% sur ce que j'appelle de la musique pour filles, ultra féminines. Un peu comme si Air était fait de deux nanas qui jouent aux bombasses (sans en être) en robes lamées, écharpées d'un boa suave-long-souple, et chaussant des Louboutins  aériennes de 14 cm. On se croirait dans une agence de RP à 19h45, à l'heure où les cheftaines de projets troquent leurs New Balance pour - non... pas des Loubout'... - de hauts talons plus mainstream, avant de sortir à la soirée de remise des Branques d'Or organisée par Vice. Trop vachement cool, y'aura peut-être Edouard Baer... Ce n'est pas pour rien que ces deux filles qui trainent leurs voix ensemble depuis très longtemps ce sont produites sur le plateau du Grand Journal de C+, et sur la belle scène de la Cigale. Some Places to Be...

Revenons à la zik... Soutenant ce dégagement de phéromones physiques exposées plus haut, viennent les phéromones musicales : des mélodies douces et agréables servies à une sauce qui n'est autre qu'un concentré de pop admirablement chanté à deux voix, et joliment accompagné par une prod tirée au cordeau.
Elles sont femmes jusqu'au bout des seins, et jusqu'au bout de leur tessiture qui se perche haut pour survoler des partitions en volutes sonores. Un peu gainsbouriennes sur certains thèmes. Un réel plaisir. Si si !
Aussi, et je le souligne, ces deux filles ont appelé leur duo Brigitte en hommage (en femmage ???) à Bardot, Fontaine et Lahaye. La première et la dernière apportent ces surdoses de phéromones. Celle du milieu apporte ce je-ne-sais-quoi de 2nd degré... pas si second que ça.

Enjaillez ! Enjoy !


...et surtout, Peace and B Wild.


samedi 16 août 2014

Nouillorque.

Oui je sais, je vais en étonner et en decevoir plus d'un. Tant pis, on a le droit parfois...
... Car à la base, je n'aime pas ce bonhomme qui joue les gros durs. Ceux qui auraient bourlingué toutes les favellas et les taudis de ce bas monde parce que selon lui c'est seulement là que la vraie vie et les vraies personnalités se rencontrent...

Oui, Bernard Laviliers me les gonfle, puis me les casse. Sauf qu'il y a quelques jours, au hasard d'un France Inter allûumé en fond sonore, je me suis arrêté, puis ai monté le son.

mercredi 27 novembre 2013

En toute Innocence

Avec Les Chansons de l'Innocence Retrouvée, Etienne Daho nous offre 17 merveilleuses pistes. Toutes baignées d'harmonies, de violons qui nous font tourner la tête au son de boucle sans fin, enivrantes.

C'est un album ambigu :
Il est à la fois extrêmement conservateur - Daho fait du Daho (et il le fait si bien) -  et d'une incroyable modernité. 
Ici se côtoient et se mêlent douceur et violence, avec plaisir, et avec plaisirs.. Oui, la douce violence et la violente douceur s'accordent pour bercer et remuer nos oreilles.

Bretons de l'Armor, bretons de l'Armen, et tous les autres, écoutez cet album. Il n'y a aucun doute possible, Serge Gainsbourg est vivant. Il n'y a pas seulement les violons, il y a ces effluves gitanes exhalées par des sons de basse lourde et claquée, de guitare hurlant discrètement, là-bas, au fond du mélange sonore. Celui-ci est d'ailleurs splendide ; les arrangements sont parfaits - il faut dire que Daho, avec sa puissance vocale, a largement besoin de bons arrangements. Mais c'était aussi là le talent de Gainsbourg : en mettant fortement l'accents sur les défauts ou lacunes, les transformer en qualités. Il a quand même fait chanter B.B., Adjani, Jane, Chamfort... en révélant au monde des "voix" qui n'en étaient pas !

Enjoy Daho. Il est bon, il est propre, et particulièrement riche (je parle de l'album, je ne balance pas au fisc, moi.

Peace & B Wild.

Pour les vidéos... désolé, souci technique, je n'arrive pas à les coller sur cette page. mais vous pouvez cliquer sur Les chansons de l'Innocence ou sur La Peau Dure

lundi 25 novembre 2013

Une perle.

Non, une fois de plus, ce n'est pas en jouant les suricates de la zik, ni en ouvrant grand les esgourdes, en fouinant sur le net, ni encore en discutant avec d'autres suricates... Non. Rien de tout ça. C'est juste en recevant un cadeau - un CD - de mon fils. Ce petit grand gars ou ce grand petit gars, à la tête bien faite, a la culture qui grandit à chaque seconde en y incluant avec passion l'onglet musical.  
Oui, cette semaine il m'a offert une perle.

L'expression est certes facile, mais tellement appropriée : "Cette Foutue Perle" de Lomepal. C'est un rap dont la qualité du groove et du flow me transpose 20 ans en arrière, aux belles années de ceux qui ont installé ce genre musical en VF dans nos douces  oreilles : I Am, NTM, et n'oublions pas MC Solaar et sa teinte trip hop, puis, dans un genre bifurquant, rappelons aux mémoires l'ultra flow groovy de Alliance Ethnik...
Mais revenons à Lomepal. Il est trop pâle, cet homme, pour déclamer de façon hargneuse, alors il parle sur des rythmes plutôts langoureux..
Ce trop court album est un concept. Une histoire qui nous est contée au fil des textes denses du jeune gars.
Pas de hargne, donc. Pas d'incitation à casser du keuf, il y a certes de la banlieue dans la voix  (... 'faut dire, le genre l'impose...), de beaux samples, et un rythme qui vous pousse au headbanging calme et serein.
Tout est bon ici. Il faut écouter plusieurs fois pour essayer de saisir tous ces textes (ce sont les featurings qui me sont... incompréhensibles !) et la subtilité des arrangements.
Je vous invite à découvrir cet album, dans son intégralité, pour votre plaisir, et surtout, n'hésitez pas à faire tourner. C'est très bon !

Merci Anto, donc merci Seki (c'est son tag de grapheur) pour cette belle découverte, ce beau cadeau.

Et à vous : enjoy !

Peace and B Wild.

lundi 21 janvier 2013

Aline

Après que Christophe - le plus noctambule de nos chanteurs -  nous ait évoqué il y a 47 ans de cela le doux visage qu’il avait dessiné sur le sable, voici donc Aline.
Jeune groupe franco-français, composé de 4 gars, ils se sont appelés « Young Michelin », mais l'exploitant d’hévéa clermontois a réagi, et ils ont donc changé de nom… Pfff...
Avec Aline, ce n’est pas un bond de 47 ans que vous allez faire : un peu plus de 25 ans suffiront. Une sonorité tout droit sortie de la new wave des années 80. Plutôt bon enfant. Une basse pure et profonde très marquée, une belle guitare aux reflets clairs, des synthés bien plaqués… Tout est très pur, et malgré ces impressions de new wave, on écoute une bonne pop. Le côté français de la chose y est pour beaucoup, sans pour autant verser dans le mythique "Isabelle a les yeux bleus"... 
Coup de chapeau à l’illustrateur : une belle ligne claire, une femme nue qui, si son visage n'st pas terrible, nous offre des formes et une pause des plus... charmantes. détail non négligeable : elle est au bord de la plage ! c'est bien Aline…
Sans que ce soit l’album de la décennie,  je vous conseille l'écoute de cet album que je trouve plein de fraîcheur. Une fraîcheur retrouvée, celle de belles années de lycéen, puis d’étudiant…
Enjoy !
Peace & B Wild !


jeudi 29 novembre 2012

Vous m'avez dit de dire Hardy !

Françoise Hardy revient avec un album. L'Amour Fou. Cette petite voix qui sussurait il y a 50 ans au Petit Conservatoire de Mireille (sur l'unique chaîne de l'ORTF) est aujourd'hui - et heureusement - à sa belle maturité. 50 ans de carrière, ça me rappelle un petit groupe de rock and roll qui roule pas mal... ça tombe bien, ils sont amis.
De beaux textes, et une voix magnifiée lorsqu'elle est accompagnée au piano, donnant aux mélodies tout leur sens, éveillant ainsi tous nos sens, dans tous les sens.
Y'a pas à dire : Françoise Hardy a la voix de son physique. Droite belle, et relevée d'une distinction dont la noblesse n'a d'égale que la fluidité. Cette femme est éduquée, d'un classicisme exacerbé, et d'une classe qui pourrait frôler l’indécence.

samedi 24 novembre 2012

Du retour sur la génèse

Dans la catégorie "si vous aimez X vous aimerez Y", pour les amoureux d'un certain rock des années 70/80, Yann Destal devrait en ravir plus d'un et plus d'une.
Au fil des morceaux de Let Me Be Mine, vous entendrez de grosses réminiscences de Genesis de la belle époque , puis comme une Lady Faithfull ! Si si ! Je sais, les genres sont certes différents, mais regroupés ici. Vont suivre quelques hardiesses rockeuses passées... En bref, Yann Destal est totalement inclassable. Pour Info, ce jeune parisien faisait partie de Modjo, qui a fait danser bon nombre de demoiselles et de damoiseaux sur belle une autoroute des clubs : "Lady". Aujourd'hui, revirement de situation, Destal est juste sous la très large étiquette du rock...

lundi 12 novembre 2012

L'Envolée... Pas si grande


Un peu de français.
Stephan Eicher sort un album. L'Envolée. Tout d'abord, il y a une belle pochette, certes un peu sortie de Pomme d'Api ou d'Abricot, mais belle quand même.
Eicher nous sert de jolies chansons, baignées de folkitude des hauts alpages, il nous livre même deux morceaux en allemanique qui, il faut l'admettre, est une langue qui se positionne en concurrence directe face au flamand dans sa laideur et sa gutturalité. Mais en fait, non. Le flamand reste un absolu, une forteresse imprenable dans le domaine de l'inaudible, et du désastre harmonique. C'est une plaie auditive. Je ne veux en rien insulter ici ceux qui parlent ce langage (est-ce seulement un langage... Je vous le demande !), ils n'y peuvent rien. Quoi que...
Revenons sur Eicher qui m'est cher (oui... Fastoche...).
Sur tout l'album, la voix d'Eicher est extrêmement présente dans la balance, ce qui ne suffit pas toujours à rendre compréhensible les paroles du bonhomme qui conserve un accent qui lui est si particulier.
L'ensemble est très bon quand même, et je saurai trop vous conseiller d'aller voir ce garçon en concert : il y est excellent et très très bien accompagné. Croyez-moi, une Olympia lui va à ravir, même si je pense que c'est dans des endroits encore plus restreints qu'il peut livrer le meilleur de lui-même.
Une jolie pépite dans cet album : Elle me Dit. Un rythme incroyable, et Eicher qui est diablement bien accompagné, entre autres par une section cuivre fabuleuse. Je n'ai qu'un reproche à faire à cette bele piste : trop courte !!!!
Je vous conseille cet album, même si, à mon sens, il ne porte pas bien son titre...

Enjoy
Peace & B wild.

vendredi 12 octobre 2012

La machine à remonter le temps existe.

Amies jeunes et belles, amis jeunes et beaux, je vais vous parler d'une toute nouveauté qui vous initiera au son que vos aînés - quarantenaires, cinquantenaires et above - ont entendu durant les années 80.
  Lescop, artiste français, et très certainement noctambule à en écouter ses morceaux, sort un album plein de réminiscences des années Mitterrand. Au fil des chansons, on à l'impression de revivre des sortes de boîte, de bar, d'errance alors qu'on recherche l'impossible lieu de rendez-vous avec des potes qui se sont fait emmerder devant le Palace ou le Bus (Palladium, s'il vous plait...).
Le son de Lescop est brut, nature, mais pas bio. Aucunement bio. Il se raconte à nous, nous fait revivre de bons moments et autres galères.
La brutalité est incontestablement rock, mais surtout totalement vintage : à la fois désuète, emprunte d'une certaine nostalgie, mais avant tout d'une modernité à toute épreuve.

lundi 11 juin 2012

Un coup de crosse.

S'il vous plait, ne les appelez pas "citouci", mais simplement "cédeucé", ça me ferait plaisir. Car d'une part, ils sont 4 français, et d'autre part la légende raconte que C2C est l'acronyme de Coups de Cross. Alors, bon, s'il vous plaît.

Même si ces 4 gars sortent leur 1er album numérique, qui d'ailleurs n'est qu'un EP de 6 excellemts titres, ils ont déjà quelques albums vinyles a leur actif car, au contraire d'un David Guetta qui "mixe les bras en l'air" des pistes 100%numérisées (et déjà mixées...) ces messieurs travaillent cette matière noire et noble : ils sont DJ's. Pardon... Ils sont plusieurs fois champions du monde de mix, que ce soit en équipe ou individuellement. Deux d'entre eux font partie de Hocus Pocus, les 2 autres mettent leur talent au service de Beat Torrent.


vendredi 13 avril 2012

Un direct du gauche

Ça pourrait être un album de campagne, une galette d'hymnes à la gloire d'un mélanchonisme fervent et, tout comme le candidat du Front de gauche, il y a du talent, du grand talent... Même si, au hasard d'une des pistes, un "votez Besancenot" est perceptible... Si, si.
Attention, cette reconnaissance de talent reste exempte de toute annonce d'obédiance de ma part. Je suis là pour parler musique.

Ce groupe s'appelle Cabadzi. Ce sont 4 dingues qui développent, sur les 14 morceaux qui forment l'album "Digère et recrache", un gros son totalement inclassable, du hip hop à la sauce mélodieuse, avec des vrais morceaux d'instruments dedans, sur fond de rythmes diablement composés. Les textes - donc hyper militantes - sont scandés, décriés avec brio et sa soeur la hargne dégoutée.
Il y a du Noir Désir des belles heures là-dedans, car à la hargne s'ajoute une écriture mêlant le réalisme à une certaine poésie. En résumé, jamais vous n'avez pu entendre un tel son. La où nous avons une grande chance, c'est que ce son est vraiment bon.

Donc, en dehors de toute couleur, de tout parti-pris politique, je vous recommande cet album. A écouter fort, et violemment.

Enjoy, Peace & B wild, et n'oubliez pas vos procurations en ces périodes de vacances et de ponts qui s'annoncent.


vendredi 6 janvier 2012

Un chef d'oeuvre revu et sublimé.

Alain Bashung, s'il n'est plus là, ne nous lassera jamais.

- Sa voix, faite de désinvolture et de force vive. C'est une douce violence, à l'image d'une Fantaisie Militaire... 
- Ses musiques qui ont marqué de leur empreinte tant d'époques. 
- Puis ses textes qui, quand ils ne sont pas d'une suggestivité absolue dépeinte avec la grâce de maestros du verbe, peuvent encore nous occuper pendant mille ans dans le but inatteignable d'en comprendre la seule et bonne signification, la substantifique moelle...

Dans le merveilleux répertoire qu'il nous laisse, il faut que vous écoutiez une pépite. Certes, les mots et les notes ne sont pas de lui mais... qui mieux que Bashung était capable de chanter du Gainsbourg ? Je vous le demande ! Personne... Et quand Bashung reprend le chef d'oeuvre "l'Homme à Tête de Chou", l'intégralité de l'album est ici sublimée. Oui, Bashung est un sublimateur de mots, et pas qu'avec le gainsbarre. C'est un grand comédien de la chanson qui a eu l'immense qualité de savoir choisir ce qu'il pouvait, ce qu'il devait chanter, afin de nous procurer des sensations extra-o

Redécouvrez cet album avec Alain Baschung, vous ferez alors d'une pierre deux coups en écoutant deux génies malheureusement disparus.
 
L'Homme à Tête de Chou est un album totalement érotique ; quand il est chanté/dit par Gainsbourg, il est sciemment emprunt de lubricité pour notre plus grand plaisir. Quand Bashung est au micro, il engage la compassion, l'envie... Le tout dans une réorchestration qui, si elle est définitivement plus rock, plus dure et plus violente, ne se permet à aucun moment de changer l'esprit dand lequel les notes furent posées sur la portée par le Grand Serge. Pas de place ici au crime de lèse-gainsbourg ! Cette "cover" baigne dans le respect de l'auteur. Régalez-vous. Elle fut initiée pour un projet chorégraphique qui n'a pu être abouti, du moins dans sa forme initiale, du fait du départ de Bashung. Ce projet comprenait en effet la présence du chanteur sur scène, alors que les danseurs de Jean-Claude Gallotta se contorsonnaient afin de ressortir le sexe, la jalousie... la folie. Le spectable fut créé, post mortem, à Grenoble, suivi d'une tournée française. Encore une fois, écoutez, écoutez cette version...

 
Puisque nous sommes dans le chaud, le sensuel, le lubrique et l'émotion, dans cette même veine je vous recommande un morceau d'un oublié. Pierre Vassiliu. Il n'a pas fait que chanter "Qui c'est celui-là", chanson qui a tant amusé les foules parce qu'elle était écoutée au premier degré et rythmée à la pinacolada... Non, Vassiliu a fait d'autres choses. Certaines sont très marquées "peace & Love" des années 70, tendance larzac bienheureux, sexe délibérement libéré, fornication communautaire presqu'obligée pour ne pas se faire virer du gîte...mais d'autres chansons méritent l'arrêt, l'attention. Parmi celles-ci, il y a "film". Une chanson balancée par une phrase/gimmick qui rythme toute la ligne musicale. Elle raconte ce mec qui, histoire de ne pas rentrer à 22h00 sans que rien ne soit passé, décide de se taper une pute, très normalement et très simplement... Même si ce morceau s'appelle "film", Vassiliu nous raconte SON histoire. C'est un reportage... en chanson, à écouter et à entendre.

Bon, vous voilà avec une belle liste de courses : L'homme à Tête de Chou par Bashung ne manquera pas de vous pousser à réécouter la version originale par Gainsbourg... Et puis "Film" par Vassiliu.

Ma formule de fin a ici toute sa raison d'être (heu... Sur les autres posts aussi !) :

Enjoy, Peace & B Wild.

mardi 22 novembre 2011

D'une pierre, deux coups.

Bon... Tout le monde n'abonde pas dans mon sens au sujet du p'tit Lu au carré (voir là)... Et c'est une bonne chose : j'émets des avis, des conseils pour faire du bien à vos oreilles, mais tous les traitements ne fonctionnent pas de la même façon sur tel ou tel patient.

Alors, cette fois-ci, deshabillez-vous, gardez slip-chaussettes, allongez-vous et je vais vous concocter une ordonnance - et une sévère - qu'un mien ami prendra certainement pour de l'acharnement thérapeutique...
Deux traitements vous sont ici proposés, issus des mêmes Laboratoires. Serviez-vous, mettiez-vous donc à l'aise.

Nous resterons sur une scène cocardière. Quoique la seconde prescription le sera un chouia moins.
Quant à l'acharnement thérapeutique évoqué plus haut, il réside dans le fait que je vais vous parler de "fils de / fille de". Désolé LB...

Commençons pas le fils Higelin, Arthur H, donc. Étonnement, il vient de nous sortir un album très gainsbourien, et cela n'a rien à voir avec la tronche d'Arthur qui, lui, pourrait vraiment être le fils du Serge... Baba Love est un magnifique album, fait de chansons guillerettes (Give Me Up, Le Paradis Il Est Chinois), et d'autres beaucoup plus profondes, et c'est sur ces dernières que je veux me poser et me pauser aussi, car Arthur y montre un talent d'écriture, et une voix - non-éraillée ! - qui impressionnent mes oreilles, mon cerveau puis, pour finir en beauté, les poils de mes avant-bras qui se mettent au garde à vous. 

La Beauté De L'Amour, Dis-Moi Tout... puis, en sublimation totale, Prendre Corps d'où émanent le plus d'effluves gainsbouriennes, celles qui appaisent, réconfortent, emportent... Je n'aime pas fumer le cigare, mais j'aime l'odeur d'un bon barreau de chaise simplement chauffé, allumé, puis savouré par un épicurien décontracté. Et cette chanson m'emporte dans un délicieux et voluptueux fumoir. Un cabinet fait de boiseries, de livres, de cuirs, et de quelques flacons de gnôles fruitées et centenaires, c'est un cabinet très privé... Arthur H, que je n'adore pourtant pas, m'a littéralement retourné comme une crêpe. Et retourné encore avec la chanson titre : Baba Love.
Cet album est très bon, bien fait, très bien écrit, et comme je le dis plus haut, il est très agréable d'entendre Arthur H réellement chanter.

J'évoquais donc l'acharnement thérapeutique, et deux prescriptions issues des mêmes labos... Comme je viens de parler d'Arthur, je vais donc immanquablement passer à Izia... La soeurette de cet autre homme-à-la-tête-de-chou, la fillette d'un des papes (pappys ?) du rock français : Jacques Higelin.

Izia vient donc de sortir son deuxième album - quelle activité familiale ! - qui ne dénote pas du premier... Quoique, si : il est meilleur. S'il est moins cocardier que celui de son frère, c'est parce qu'elle chante en anglais. Si, si : ça se fait aussi. Ce bon album s'appelle "So Much trouble". Je ne vous ferait pas l'affront de traduire...
Il est meilleur dans sa hargne, sans qu'elle s'abaisse à un consensus qui serait de bon goût, de bon aloi. Izia reste la même en ayant, je pense, appris.
Ici, nous sommes dans le rock, à plein tube, dans des racines profondes et terreuses. Izia chante, crie, déclame avec force sur des rythmes que beaucoup de présumés rockers peuvent lui envier.
Pour écouter Izia, je le précise à celles et ceux qui ne savent pas, il faut aimer la guitare, la gratte, les distors', ce rythme binaire qui pousse au réel head-banging (donc, ranavoir avec les pouffes des "chanteuses" évoquées là...). Pour les amoureux du rock garage, peut-être est-elle considérée comme une modérée... Pour moi, elle est, malgré un style musical qui n'est pas ma keupovti, très bonne. Elle me fait pousser des ailes en l'écoutant.
... Et croyez-moi, avoir des ailes quand on a un genou cassé, c'est d'une grande aide !

Voilà. C'est la fin de la consultation. Messieurs, vous pouvez vous rhabiller. Mesdames, il faut que nous reprenions rendez-vous très prochainement, un examen approfondi s'imposant, bien sûr.

Donc, en résumé :
Enjoy Arthur H et Izia.
Peace & B wild. Always.

jeudi 17 novembre 2011

Etonnant ! Non ?

Comme bon nombre d'entre vous, la dernière fois que j'ai vu Lulu, c'était en vidéo : il était un petit bout de chou de 2 ans qui, apeuré par les cris d'une foule en délire, rejoignait son papa, Serge, sur la scène du Zénith de Paris en 1988...

Depuis, malheureusement, Gainsbourg s'est réellement barré après que Gainsbarre se soit maintes fois réellement bourré. Et puis... Et puis... plus de Lulu... Un néant que j'attribuais à une certaine médiocité, alors que sa demi-soeur se construisait allègrement sa carrière...

Alors, quand j'ai appris que ce " fils de" sortait un album-hommage à son père, je me suis dit que, vraiment, il était gonflé de se faire du fric-facile grâce au magnifique patrimoine que Gainsbourg lui avait laissé, en indivision. Un petit coup de Google, je regarde sa tête, et je ne sais plus s'il est Lulu ou Johnny... Aucune personnalité, donc.

Décidé à vérifier mes a priori et à le lyncher sur la place pas assez publique de ces pages, je me suis empressé d'écouter cette production, et ... grand bien m'en fit, car ces fameux a priori ce sont lamentablement écroulés et ce, dès les premières notes qui sont venues enchanter mes pavillons : "From Gainsbourg to Lulu" est un "must hear", un "must listen to", un "must have".

Le petit Lulu, du haut de sa jeunesse légèrement amoindrie par ses  25 ans, a réussi à rassembler un plateau aussi riche qu'extraordinaire pour réinterpreter, réinventer, voire magnifier de merveilleuses créations de feu Serge.

Sur les 16 pistes de ce magnifique album, il n'y a - à mon sens - qu'une fausse note : "Sous Le Soleil Exactement"... Musicalement magistral, mais fort malheureusement "chanté" par Shane Mcgowan... que je n'aime décidément pas, ni seul, ni quand il fut accompagné des Pogues... Sur terre, il y a en fait deux bonshommes de la même trempe : lui, et Arno, et je n'arrive pas à comprendre le talent qui leur est reconnu.
Ça, c'était le flop. Maintenant, s'il doit y avoir des Tops, je me permets d'en nommer trois en ex aequo :
  • un "Manon" qui vous fouttra les poils de là jusque là et ce, dès les premiers mots prononcés par Lady Mariane Faithfull. Un fabuleux moment...
  • un "Je Suis Venu Te Dire Que Je M'En Vais", définitivement joli et beau, chanté par la douce voix de Rufus Wainwright.
  • et une gigantesque surprise : l'iguane lui-même s'aventure à force d'accent gavé de bubble-gum sur un Initial BB déroutant : oui, Iggy Pop y est surprennant, et terriblement bon.
Vous aurez aussi le plaisir de profiter de la schizophrénie du fils Cheddid, puisque M interprète Requiem pour un Con (en duo avec Lulu), quand Matthieu participe à une très belle Couleur Café collective.

... Et il y en a encore, de si belles choses sur cet album..

J'annonce enfin un dernier top : il concerne Lulu Gainsbourg lui-même. S'il ne prouve pas de maîtrise sur la voix, il montre une réelle majesté dans l'art de réunir de beaux talents, de les placer, de créer des mariages inespérés, de réinventer et réarranger sans blasphème ce qui semblait être intouchable. 

Ajoutons à ses talents une virtuosité certaine devant les noires et les blanches de son piano, et un vrai sens jazzique. Pour moi, il a l'âme d'un producteur. D'un  grand. Ce top est accompagné de mes plates excuses pour les affreux a priori que j'ai pu avoir à son encontre.

Ce garçon est totalement digne de son père. Chapeau ! Alors courrrrez avec 4 r pour aller plus vite, écoutez-le, et passez un excellent moment.

Enjoy, enjoy again. And again. And again...

Peace & B wild.

samedi 20 août 2011

Pour vous, les filles !

Son nom sonne comme une copine de collège, en 3ème B... Souvenez-vous : c'est Zaza Fournier.

Hormis le french phrasé, car mademoiselle Fournier chante en français, on se retrouve dans une ambiance musicale que Tarantino aimerait bien (vodka fraise).
Je vais être honnête, ce n'est pas l'album de l'année, mais il présente une certaine inventivité, et une innocence qui font plaisir.

L'album "regarde-moi" est fait de sons rocks, largement adoucis par la voix de Zaza. C'est ça... On est en plein dedans : c'est ce que j'appelle de la musique de filles. Si, si. Mesdemoiselles, ça devrait vous plaire. Nous dirons que ça peut être un produit d'appel vers le rock pour celles qui n'y ont jamais été initiées. Et que personne ne me targue de sexisme à l'instant même où je lis des annonces de recrutement dans lesquelles la description du candidat est exclusivement au féminin... Et ce n'est pas pour un job de fileuse à Roubaix. Loin de là !

Je peux donc considérer que cet album a une très belle vertu : celle de commencer un début d'éducation des oreilles. Et c'est plutôt louable.

Les assidues à SOAD peuvent donc éviter, car elles en sont déjà au niveau Master, quand Zaza initie les CM1.
Pour le moment, voici une petite vodka fraise.


Quelqu'un aura-t-il compris si je recommande ou pas cet album ?

Allez : enjoy !

Peace & B wild !

mercredi 8 juin 2011

Dissertation autour d'un Funk

Connaissez-vous Mathieu Blanc-Francard ? C'est le fils de Dominique, musicien/producteur-de-musiques-et-de-tubes, c'est aussi le neveu de Patrice, ingé-son/producteur/journaliste/présentateur/encyclopédie-du-rock/directeur-des-programmes-et-d'antenne/etc. Je tire ici mon chapeau à France Inter qui, durant de nombreuses années, a su respecter la parité, puisque les Docteurs ès-rock de l'antenne étaient en même temps Patrice Blanc-Francard... et Bernard Lenoir.
Mais parlons de Mathieu : malgré son nom de famille qui ne pouvait être qu'un tremplin professionnel pour lui, il ne s'est fait ni un nom, ni un prénom, puisque vous le connaissez sous son beau pseudonyme de Lord anglais : Sinclair. D'ailleurs, son frère s'est aussi fait un pseudo, plus discrètement, puisque Hubert est connu le nom de Boom-Bass, et est un des excellents acteurs de la French Touch  - la scène electro française - notamment au travers de Cassius.
Tout ça nous fait du beau monde pour une seule famille ! Mathieu, que nous appellerons donc Sinclair, vient de sortir un album qui ne s'appelle pas Eponine, n'en déplaise à Victor H., le père d'Adèle (je sens que je vous perds... ), car l'album de Sinclair s'appelle Sinclair. Suis-je clair ?

Sinclair, c'est du funk, du funk, et encore du funk parce que ça fait plaisir. Pour être plus précis, il y en a qui appellent ça du "blue-eyed-funk" (comme si un genre musical se devait d'être exclusivement noir, ou blanc, ou de toute autre couleur...). La prod de la Nouvelle Star (M6) adore le funk puisque la succession de Sinclair au jury de l'émission fut assurée par Marco Prince, digne leader de notre Federation Française de Funk (oui : la seule FFF qui vaille).
Le funk est l'univers de Sinclair depuis toujours, et l’environnement familial dans lequel il a grandi fait que tout ça est superbement produit. Tout est tiré au cordeau, carré, ultra bien balancé. Sinclair fait un funk qui donne envie de bouger, qui mène à la fête. Et tout ça en Français s'il vous plait. Donc, sur ce paragraphe, je ne peux que vous engager à écouter, acheter, télécharger Sinclair par Sinclair. C'est très très bon.

Mais voici que j'aborde un nouveau paragraphe qui ne sera pas du même ton que le précédent... Bah oui... parce que Sinclair par Sinclair est un album qui me donne sacrément l'impression de l'avoir déjà entendu en '93, puis en '95, et encore en '97, etc., au fil des albums de Sinclair. Ce que je veux dire, c'est qu'il n'y a dans cette édition 2011 strictement aucune évolution constatable sur 18 ans de carrière de l'artiste. Sinclair fait du Sinclair sans s'être écarté d'un iota de la ligne directrice qu'il s'est donnée dès le départ. Donc, pour ceux qui le connaissent, c'est zéro surprise sur ce nouvel album... sauf une : Victime du Bonheur, qui apporte un style presque proche de la variété, dans le sens noble du terme (car oui, il existe de la bonne variétoche : les anglais appellent ça de la pop). Nous noterons que ce manque d'évolution est identifiable rien qu'en lisant la track-list, les titres restant imperturbablement dans les mêmes terminologies, univers et ambiances depuis toujours.

Intro... thèse... antithèse... la synthèse maintenant (ça c'est pour d'éventuels bachoteurs qui me liraient) : Pour ceux qui n'ont pas de Sinclair dans leur iTunes ou leur étagère, vous pouvez y aller, c'est très très bon. Pour ceux qui en ont déjà, il y a deux écoles. Tout d'abord les fans invétérés doivent se ruer sur leur souris ou leur disquaire préféré. Ensuite, les autres peuvent s'en tenir à ce qu'ils ont déjà à la maison.

Enfin : la conclusion... J'aime Sinclair et son travail de qualité, mais j'eusse aimé que le Monsieur nous apportât quelques inhabituelles étincelles dans les ouïes. C'est pour ça que je mets une note moyenne de ** et demi, mais comme il faut faire des choix et que je suis quelqu'un de foncièrement gentil et d'hyper humble, je l'arrondis à ***. Je crois que si j'avais été juré à la Nouvelle Star, je lui aurais collé un rouge... Et puis surtout, oui, j'adore Brett, avec 1 olive, mais ça, c'est une autre histoire.

Enjoy,

Peace & B Wild.

mardi 24 mai 2011

Ne jamais dire "Fontaine, je ne boirai pas de ton eau"...

Je vais être très sincère. Brigitte Fontaine reste pour moi une éternelle barjot de la chanson française. Son phrasé et ses mots sont... Outre-galacticaux pour moi. 

Mais... Mais... Car il y a un Mais (ça tombe bien, nous sommes en mai...), Brigitte Fontaine est ici, sur son nouvel album "L'Un n'Empêche pas l'Autre", accompagnée par différents artistes pour reprendre en duos, ça et là, quelques standards qui lui sont propres, et je dirais que ses accompagnants la rendent presque agréable. En tout cas, comme à son habitude, elle ne laissera personne indifférent.

Parmi ses duétistes parfois duélistes (vous verrez...), je reste totalement hermétique à Arno : j'ai une sévère aversion pour ce bonhomme qui n'est pour moi que la transposition belge de Shane McGowan (The Pogues). Venant de moi, ce n'est pas un compliment. En fait, je ne comprends pas "l'art" d'Arno, ou de McGowan... Je dois être bête.

En dehors d'Arno, ce sont Chedid Fils, Souchon Père, Christophe sans sa Ferrari (sur un très bel "Hollywood"), Grace Jones sans sa CX (si, si !), Emmanuelle Seigner, Bertrand Cantat (il porte diablement bien son nom)... Et bien sûr, les deux qui forment son éternel triangle : Areski Belkacem, et le frére de coeur - Higelin  - qui arrive ici à chanter (Si, si !).
Enfin, restent 3 morceaux, sur lesquels Fontaine est seule, comme une grande, avec notamment un "Gilles de la Tourette"sur lequel Fontaine nous en remet une sévère couche sur ses opinions et son indéflectible militantisme, et le "Dancefloor" - bien nommé - qui était sorti il y a un mois.

Brigitte Fontaine reste totalement barrée, et l'assume merveilleusement. Quelque part, ça fait plaisir.

Aussi, je souhaite que son actualité du moment nous la fasse venir sur les plateaux de talk-shows afin qu'elle nous ravisse grâce á son incroyable spontanéité.

En résumé, je vous conseille d'écouter "L'un n'Empêche pas l'Autre", ou d'en écouter quelques morceaux. Mon choix, donc : Rue St Louis en l'Ile (+souchon), la Caravane (+ Grace Jones), Les Vergers (+ Cantat), Hollywood (+ Christophe), Gilles de la Tourette et Dancefloor.

Enjoy.

Peace & B wild.

lundi 9 mai 2011

Pour les filles, 15-24, chef de foyer CSP++, Paris Centre, et Ouest.

Avec un buzz exclusivement réalisé au travers de canaux bien délimités (Cosmo, Elle, Glamour, Mme Fig'...), Les Chanteuses ont sorti leur album le 9 mai.
C'est un album pour les copines, préférablement délurées, filles à papa, et qui sont en phase transitoire : elles vont bientôt arrêter les soirées de rallyes parisiens (mais vont déjà en boîte, quand même !), et sont en passe de devenir des habituées de chez Castel. L'auditrice idéale de cet album passe ses vacances entre St Barth, le Cap Ferret, Val d'Isère, et éventuellement le château familal pour l'Ascension. Elle circule dans la "vieille Smart" que maman lui a refilée pour ses dix-huit ans, elle passe sa semaine à organiser ses soirées de semaine et de week-end, et assume depuis peu son indépendance après avoir claqué la porte du 320m² de papa-maman et en s'étant installée dans le petit appart de 75m² que ces derniers ont acheté avec le bouclier fiscal. Attention ! Cette jeune fille travaille ! Elle est promise à un grand avenir dans le monde de la tendance grâce au 1er job qu'elle a décroché avec brio dans l'agence de RP que dirige son parrain entre deux parties de golf. Elle y est au 3/5èmes, car sans ça, elle n'a pas le temps de tout faire (Roland Garros suit directement le festival de Cannes...).
... je ne sais pas si je fais une description exacte de la cible visée par Pantène, marque discrètement partenaire du groupe.

Maintenant que nous savons qui elle est, cette "écouteuse" des Chanteuses, intéressons-nous - car c'est l'objet, non ? - à ces deux demoiselles tout aussi délurées.

Elles s'appellent Victoria Olloqui et Priscilla de Laforcade. La blonde-et-aristocrate est une amie de Frédéric Beigbeder.  Rien d'étonnant que Octavo Parango (pseudo de Beigbeder dans 99 francs) ait signé le texte de "Secoue ta tête". Tout ceci positionne socialement le groupe. Leur musique est, certes, produite avec plein de bons professionnels autour, mais je m'interroge réellement sur la façon dont elles ont pu décrocher la signature chez AZ : le principal talent de ces jeunes filles réside dans un physique des plus réussis... et des plus exploités quand on observe l'iconographie qui fabrique ces personnages. Nous n'avons pas fini de voir la Priscilla, puisqu'elle est targuée de "multi-talentueuse" avec des apparitions au titre d'actrice dans des génériques de productions TV et cinéma... Pour cet album, à mon sens, le principal intérêt est sa cover, avec une bien belle photo. Les textes, eux, sont à la chanson française ce que Tricatel est à la Haute Gastrtonomie. C'est un étalage d'états d'âme de notre écouteuse-type, de la déblatération de shoppeuses de la rue du faubourg St Honoré.

Les Chanteuses affirment être... chanteuses, et c'est raté. Oui : elles poussent la chansonnette. Se donner ainsi le titre de "chanteuses" me paraît être des plus présomptueux.

Certains et certaines vont trouver cet album marrant, pêchu... mais pour ma part, je souhaite que son titre - "Dernier Album" - soit à traduire en anglais comme "last", et non pas comme "latest". 

Et je me rends compte que j'en écris beaucoup trop.

Enjoy la pochette.

Peace & B Wild.