jeudi 2 février 2012

Voyage au pays de la Grande Soulitude

Après avoir évoqué avec vous le véritable meilleur album de Marvin Gaye (ici), et ayant ouvert une brêche sur un style musical et une période faste, me voilà pris d'une irrésistible envie de partager avec vous les pépites qui peuvent émailler à jamais vos oreilles.
Et il y en a moult, pléthore, vachement et beaucoup.
Il faut dire que c'est une époque de révolution et d'affirmation qui emboîte le pas aux grandes marches et autres événements majeurs violents (Black Panthers) et pacifistes (I had a Dream...) des années 60. Parce que les 70's' sont le point de départ d'une existence, celle des blacks (américains, seulement eux), ils peuvent enfin s'exprimer au pays du monde libre et de l'American Dream, ce dernier n'est toutefois permis qu'aux white, tout en accordant un "certain" droit d'expression aux minorités qui peuvent se voir, parler, revendiquer... mais toujours entre elles, et à partir de leurs bases si ouvertement cloisonnées que sont les ghettos.

J'ai dit "ghetto" ?... Et hop ! Pirouette, et je rebondis ! Voici que déboule Donny Hathaway. Fabuleux pianiste qui a su maîtriser un instrument et toutes ses subtilités sonores : le piano électrique. Donny hathaway n'est pas très connu. Avouons-le.
Sa courte carrière musicale lui aura perlmis de sortir 7 albums, dont 2 live, et un album en collaboration avec Roberta Flack. C'est avec son 1er album en 1970 qu'il a créé son indélébile chef d'oeuvre : "The Ghetto". Quand je parle de courte carrière, c'est qu'il a été retrouvé apparemment suicidé dans sa chambre d'hôtel en 1979.

The Ghetto est un hymne, un cap... Que dis-je : une péninsule. Un sublime cri de libération sociale et raciale, un hurlement identitaire.
Malgré les différentes versions et interpretations de ce "the Ghetto", Il est à écouter exclusivement dans sa version de l'album "Donny Hathaway Live" enregistré en 1972 en public comme son nom l'indique. Ici, amis internautes, communiquants et autres publicitaires en mal d'une réalité augmentée par les bits et les pixels, vous prendrez une leçon de savoir vivre, de savoir être, et de savoir tout court. Les "digital natives" peuvent se rhabiller avec leurs megas et teras, leur twits et autres snobismes technologiquements surfaits.
Ici, reigne l'analogique, le vrai, durant plus de 12 minutes. Cet enregistrement est l'illustration avec un grand "I" de ce que sont la communication et l'interactivité.
En plus de "The Ghetto", l'album "Donny Hathaway Live" vous filera des frissons en écoutant, entre autres, "you've got a Friend", une énième interprétation qui fait oublier toutes les autres, un "What's Going On" (dingue ! Je parlais de Marvin, tout là-haut !) qui est un magnifique hommage du vivant de ce soul brother, et un "Jealous Guy" incroyable. Sur ce dernier morceau, on sent l'origine blanche du morceau : le public y est nettement moins participatif...

"The Ghetto" vous donnera le tournis. Il pourra appeler les plus négatifs à regretter de ne pas avoir été dans cette salle de concert, de ne pas avoir vécu cet extraordinaire moment de musique, de partage d'émotion intense, d'alliance... qui n'était que dans un seul but : prendre du bon temps, pour tous et chacun.
La grande chance des plus positifs est de disposer d'un tel enregistrement, leur permettant de s'associer à ce moment, de fermer les yeux en écoutant, et de dessiner gentiment un sourire béat sur un visage que la musique aura rendu angélique.
Il faut que je vous le dise : vous êtes belles et beaux quand vous écoutez de la bonne musique.

Donny Hathaway, ici joue avec son public. Et son public joue avec Donny. Une égalité parfaite entre les parties... à ce seul détail près : Donny et ses accompagnateurs-musiciens sont totalement fabuleux et bons. C'est "chacun à sa place, pour le plaisir de tous".

"The Ghetto" a été interpreté par de nombreux artistes, Georges Benson fait partie de ces bienfaiteurs, mais il ne fait nul doute que Donny Hattaway nous emmène ici dans la meilleure écoute : profitez du plaisir qu'il y prend... du plaisir que son public y prend... Vivez le plaisir que vous y prenez.

Enjoy,
Peace & B wild.


vendredi 27 janvier 2012

Voici, mes Chers !

... Bon, sur Marvin Gaye, la messe a été dite maintes et maintes fois : c'est l'album "What's Going On" qui serait son meilleur.

 Cet album - certes totalement excellent - doit sa notoriété à plusieurs facteurs :
  •  il est le pivot intellectuel et artistique de Marvin.  En effet, après avoir été chanteur-à-midinettes durant les années 60 (bien propre sur lui, rasé de près, gendre idéal) et à la suite d'un événement qui l'aura profondément choqué - la mort de Tammi Terrell - il s'est lancé dans cet album-concept, en 71, sur lequel il a commencé à épancher dans ses textes ses opinions, ses messages, une détresse.
  •  Marvin revendique sur cette galette une black power, ou plutôt une négritude dans sa musique, la black music des 70's, dans laquelle les racines africaines sortent de terre autrement : le blues se transforme en soul, mâtinée de R'n'B, et c'est diablement bon.
  •  WGO est tout simplement bon... les textes, la musique et la si voluptueuse interprétation de Marvin.
Mais cette messe fut trop vite dite, car Marvin, avant que son père ne lui tire une balle le 1er avril 84 (pas bonne, la blague... vraiment pas bonne), a heureusement eu le temps d'enregistrer bien d'autres albums. Parmi eux, il y a celui sur lequel il exprime au mieux sa maîtrise absolue : la sensualité. En 1978, Marvin Gaye a sorti un album magistral et malheureusement trop méconnu, "Here My Dear". Une essence de soul, de rythme, de groove, d'africanité, d'amour et de sensualité... Un massage pour les oreilles et l'esprit.

Je vous conseille... Non ! Je vous ordonne donc d'écouter "Here My Dear",
Si je me permets se briser ainsi ce qui pour moi est un poncif, c'est parce que Marvin est un accompagnateur de ma vie depuis 30 ans, presque au quotidien. Et mon seul désir ici est de partager avec vous ce que j'estime être le meilleur... Une chose me conforte et me réconforte : dans mes quelques amis qui connaissent bien Marvin Gaye, sa carrière, sa vie, sa musique, son errance aussi... tous s'accordent pour porter Here My Dear sur la plus haute marche de la discographie de ce grand, beau et particulièrement talentueux Monsieur. Cette remise à l'heure, certes très subjective, d'une pendule musicale n'exclut en rien un jugement particulièrement considéré sur bien d'autres albums de l'artiste, What's Going On en fait partie, Let's Get It On bien sûr, I Want You et, dans un genre plus moderne, le dernier de son vivant : Midnight Love. Mais ici, faisons la part belle à Here My Dear, donc.

Alors, enjoy
Peace & B Wild !

mardi 24 janvier 2012

Un peu d'Histoire.

Durant la Seconde Guerre Mondiale, nos voisins Allemands (qui - je le rappelle - n'étaient pas tout à fait des amis au moment des faits) dépensaient des marks et une énergie sans nulle autre pareille pour trouver la Pierre Philosophale leur permettant d'accéder au Saint Graal de l'Arme Absolue, ce qui, vous en conviendrez, fait beaucoup de majuscules pour une aide à la solution finale. Pour cela, ils avaient mis en place un vaste programme d'enrichissement de matériau, le tout étant basé dans les pays nordiques, un froid quasi permanent leur y assurant une tranquillité quasi parfaite. Cette denrée qu'ils cherchaient à produire était appelée l'Eau Lourde. Elle n'a rien à voir avec l'Eau de Lourdes car, si miraculeuse qu'elle soit, la fille de Madonna est bien étrangère à toute cette partie trop sombre de l'Histoire teutonne.

Mais pourquoi vous parlé-je de l'eau lourde ? Parce que c'est quelque chose qui m'a toujours épaté : que des physiciens et chercheurs se prennent la tête à alourdir une matière apparemment aussi pleine que l'eau... Et puisque je suis autant docteur en physique nucléaire que je m'appelle Rosemonde, ce type de découverte et de concept atteint ma compréhension comme Monsieur Poutou atteindra la Présidence de la République. C'est pour vous dire...
Sur ce même registre de mon incompréhension, sachez que certaines personnes, de nos jours, ont même imaginé une plume lourde !! Si, si.

Elle est le savant et ingénieux résultat d'une association de personnalités intelligentes et talentueuses, qui composent et jouent des musiques tout en les accompagnant de textes écrits, puis chantés en accord avec la musique initiale : A Heavy Feather est un groupe que je vous recommande. Ils sont à la croisée du rock et de l'electro. Afin de séduire les plus jeunes d'esprit parmi les plus âgés ;-) , on fraye ici avec une new wave très gracieusement remise au goût du jour. Oui, cet album apportera tout ce qu'il y a d'appréciable pour des oreilles que vous aimerez à bien entretenir.

L'album que nous propose A Heavy Feather n'a qu'un seul défaut : un titre qui s'avère être presqu'aussi long qu'une phrase du Kurx. Pour les taggers de mp3, un effort de concentration sera alors requis : You're The Lotion On Darkness Knuckles As It Punches Light In The face. Si, si : c'est le titre...
A part ce trop long défaut, tout est bien... Une belle prod, de beaux sons, innovants et harmonieux, des voix à la fois douces et profondes.

Pour les multilinguistes, je vous propose leur site, 100% écrit en stömeksindort oriental, en cliquant sur le LA
... Bon allez, j'arrête là, parce qu'il est difficile d'exprimer le plaisir et la plénitude dans lesquels cet album peuvent vous plonger. Je n'ai qu'un conseil : dussiez-vous avoir un minimum de respect pour vos ouïes, l'écoutage, le streamage, le pompage, l'achetage de cet album seront les preuves de considération que vous apporterez aux ouïes sus-nommées... Donc, s'il vous plait, faites-vous un bon plaisir.

Enjoy
Peace & B wild

vendredi 6 janvier 2012

Un chef d'oeuvre revu et sublimé.

Alain Bashung, s'il n'est plus là, ne nous lassera jamais.

- Sa voix, faite de désinvolture et de force vive. C'est une douce violence, à l'image d'une Fantaisie Militaire... 
- Ses musiques qui ont marqué de leur empreinte tant d'époques. 
- Puis ses textes qui, quand ils ne sont pas d'une suggestivité absolue dépeinte avec la grâce de maestros du verbe, peuvent encore nous occuper pendant mille ans dans le but inatteignable d'en comprendre la seule et bonne signification, la substantifique moelle...

Dans le merveilleux répertoire qu'il nous laisse, il faut que vous écoutiez une pépite. Certes, les mots et les notes ne sont pas de lui mais... qui mieux que Bashung était capable de chanter du Gainsbourg ? Je vous le demande ! Personne... Et quand Bashung reprend le chef d'oeuvre "l'Homme à Tête de Chou", l'intégralité de l'album est ici sublimée. Oui, Bashung est un sublimateur de mots, et pas qu'avec le gainsbarre. C'est un grand comédien de la chanson qui a eu l'immense qualité de savoir choisir ce qu'il pouvait, ce qu'il devait chanter, afin de nous procurer des sensations extra-o

Redécouvrez cet album avec Alain Baschung, vous ferez alors d'une pierre deux coups en écoutant deux génies malheureusement disparus.
 
L'Homme à Tête de Chou est un album totalement érotique ; quand il est chanté/dit par Gainsbourg, il est sciemment emprunt de lubricité pour notre plus grand plaisir. Quand Bashung est au micro, il engage la compassion, l'envie... Le tout dans une réorchestration qui, si elle est définitivement plus rock, plus dure et plus violente, ne se permet à aucun moment de changer l'esprit dand lequel les notes furent posées sur la portée par le Grand Serge. Pas de place ici au crime de lèse-gainsbourg ! Cette "cover" baigne dans le respect de l'auteur. Régalez-vous. Elle fut initiée pour un projet chorégraphique qui n'a pu être abouti, du moins dans sa forme initiale, du fait du départ de Bashung. Ce projet comprenait en effet la présence du chanteur sur scène, alors que les danseurs de Jean-Claude Gallotta se contorsonnaient afin de ressortir le sexe, la jalousie... la folie. Le spectable fut créé, post mortem, à Grenoble, suivi d'une tournée française. Encore une fois, écoutez, écoutez cette version...

 
Puisque nous sommes dans le chaud, le sensuel, le lubrique et l'émotion, dans cette même veine je vous recommande un morceau d'un oublié. Pierre Vassiliu. Il n'a pas fait que chanter "Qui c'est celui-là", chanson qui a tant amusé les foules parce qu'elle était écoutée au premier degré et rythmée à la pinacolada... Non, Vassiliu a fait d'autres choses. Certaines sont très marquées "peace & Love" des années 70, tendance larzac bienheureux, sexe délibérement libéré, fornication communautaire presqu'obligée pour ne pas se faire virer du gîte...mais d'autres chansons méritent l'arrêt, l'attention. Parmi celles-ci, il y a "film". Une chanson balancée par une phrase/gimmick qui rythme toute la ligne musicale. Elle raconte ce mec qui, histoire de ne pas rentrer à 22h00 sans que rien ne soit passé, décide de se taper une pute, très normalement et très simplement... Même si ce morceau s'appelle "film", Vassiliu nous raconte SON histoire. C'est un reportage... en chanson, à écouter et à entendre.

Bon, vous voilà avec une belle liste de courses : L'homme à Tête de Chou par Bashung ne manquera pas de vous pousser à réécouter la version originale par Gainsbourg... Et puis "Film" par Vassiliu.

Ma formule de fin a ici toute sa raison d'être (heu... Sur les autres posts aussi !) :

Enjoy, Peace & B Wild.

jeudi 22 décembre 2011

La tête à l'envers.

Le monde de l'electro est dans la musique, à mon sens, le plus vaste, puisqu' il touche à tous les autres genres - s'inspirant, pompant, réinventant, créant à partir d'ingrédients déjà existants, générant d'autres sonorités avec des machines bourrées de composants, d'algorythmes et de puces, mélangeant les styles, les genres, les rythmes, les sons... Avec pour seule finalité de pondre de nouveaux sons... de nouvelles sensations.
Parmi les variantes de l'electro, l'expérimental est en prise directe avec ce qui est appelé "la musique contemporaine", vous savez : la veine "FIAC", le modèle incompréhensible que France Culture se plaît à passer, avec un snobisme déroutant. Et puis, souvenez-vous d'Antoine Delafoy dans les Tontons Flingueurs qui recherche le désaccord parfait, la dysonnance absolue avec ses tubes à essai, et une déglinguerie mécanique incroyable...
De vous à moi, ou plutôt le contraire, la dysonnance ne me procure aucun plaisir...

Cela dit, tout ce qui commence par "dys" ne peut procurer de plaisir à un être normalement constitué... Sauf sur France Cul'.
Ici, avec Laurent de Wilde et Otisto 23 sur l'album PC Pieces, nous sommes emmenés aux confins d'une recherche sonore qui travaille sur les harmonies, les sons et les rythmes, en évitant cette si désagréable dysonnance.
Cet album est un savant - très savant !- mélange de sons acoustiques (joués académiquement... Ou pas !) mariés, mélangés transformés et mixés par le biais du Saint Ordinateur, et de son ancêtre musical : le Saint... Thétiseur (priez pour nous), ce dernier étant piloté, maîtrisé par Otisto23, aussi connu sous le nom de Dominique Poutet, qui passe beaucoup de temps à former la relève à des logiciels complets de prod son.

Cette recherche accomplie vous projette, vous emporte, à condition de vous être mis dans un certain état d'esprit au préalable. Parce qu'un tel album ne s'écoute pas "juste comme ça". C'est tout sauf une musique de fond pour soirée en amis. Cette musique exige un repli égoïste, une bulle ultra-perso.
A l'époque d'une musique mondiale qui DOIT faire partager les mêmes sensations aux milliards d'auditeurs de Bengalore à San Francisco en passant par Moulthread-upon-Skrannagach', Santo Nino de la Confusion del amor del mar, et le Home Varaville.... - Laurent de Wilde vous procurera un moment qui n'appartiendra qu'à vous... Cette musique deviendra VOTRE sensation.
Laurent de Wilde va vous pousser à vous bouger, non pas le corps, mais les méninges. Il va vous pousser à vous interroger. C'est un peu normal pour quelqu'un qui a intégré l'ENS en section philo. C'est aussi normal de la part d'un jazzeux profond qui, ici, se laisse séduire par le chant des sirènes électro.
Il y presque a de la psychanalyse ici, de la recherche personnelle aidée ou activée par un maestro d'une production sonore qui est incroyablement riche.
Par exemple, "Ultimate Tea Party" vous emmenera, vous accompagnera, vous surprendra par ses sons qui fusent, surgissent, par ses saccades et autres circonvolutions, mélanges d'acoustique, d'électrique et d'electronique. Les amoureux du Dub auront aussi leur dose.

Avant de faire vos - satanées - résolutions du 1er janvier, écoutez cet album, il vous aidera à faire la part (belle) des choses essentielles dans votre tête, dans votre vie.
Si, si.

Sur cet article, je me vois obligé de changer ma formule de fin en l'agrémentant d'une trés légère voyelle, celle qui a disparu sur tout un livre de Perec...
Enjoy.
Peace & B Wilde. Bien sûr !



samedi 10 décembre 2011

Une amie qui vous veut du bien.

C'est un beau, un très beau cadeau de Noël d'avoir "retrouvé" ces 12 trésors cachés. Ceux de la regrettée Amy Winehouse-la-trop-bien-nommée.

Lioness : Hidden Treasures va vous plonger dans les années 50, aux Etats Unis, ce sont les Prom Parties de fin d'année de "College", et les amours langouereuses de cette masse populaire aisée qui a fabriqué le Grand Rêve Américain.
Cet album respire le Drive In Theatre où l'on déguste un burger acheté chez Peppy's, juste avant la séance. Alors que le film que vous regardez avec celle ou celui qui vous accompagne a commencé depuis 21 minutes, à 3 Buick de là, vous entendez les bruissements étranges et révélateurs d'un début de culbute hétérosexuelle...qui sera vite réfreiné par le "bien penser" national. L'éfusion s'en tiendra à une bon et beau travail buccal estudiantin, pratiqué dans les règles de l'art américano-puritain. Amen.

... Mais je m'emporte ! Oui, cet album est terrible. La voix de Amy y est magnifiée par des arrangements qui ont poussé la recherche du vintage à la perfection, à un certain paroxisme.
Vous l'aurez compris, on se sent collégien U.S' en écoutant ces 12 pistes. Toutefois, quelques unes d'entre elles nous ramène dans notre siècle de perdition, parmi elles - et c'est le titre le plus... subversif - il y a "Like Smoke". le son des années 50 est ici accompagné par la présence de Nas, sur un rap si bien enlevé.

Je sais que Miss Joss Stones est bien placée pour reprendre le flambeau d'Amy Winehouse : la voix, le style..., mais... Comment dirais-je... Joss ne peut travailler sur la même veine (si j'ose dire...) qu'Amy, car cette dernière avait, oui, un réel feeling, une sensibilité non forcée. Body and Soul est, ici, une leçon magistrale.
Pour celles et ceux qui recherchent du brûlant, du bouillant, du son qui puisse vous tirert une larme de plaisir, "A Song For You" fait ici cas d'école. Ce morceau est monstrueux de beauté, de puissance, de finesse, de délicatesse et, oui, de violence retenue. Han! oui !
Il reste à espérer que d'autres merveilles de ce genre soient retrouvées... Bien que les voix officielles indiquent que Amy n'enregistra que très peu de choses, du fait d'une disponibilité gâchée par ses frasques, et que cet album regrouperait tout ce qui pouvait rester d'elle...
J'espère seulement que ces mêmes voix officielles sont des pros du marketing, et qu'ils seront en mesure de nous diluer au fil des années bien d'autres enregistrements "cachés et retrouvés", parce que c'est vraiment très très bon.

Enjoy, fully enjoy.
Peace & B wild.


C'est confirmé : le Soleil se lève à l'Est.

S'il y a bien un style musical qui me prend le chou, c'est bien la "world Music". En effet, les Peter Gabriel et autres Johnny Clegg (beuaaaark) ont ainsi étiquetté et labelisé définitivement des mélanges basiques de zik africaines et de rock pour faire... Une zik café au lait. Et c'est lourd le café au lait.
Sur ce créneau, citons quand même un Monsieur très (trop) discret qui a commis, dans le genre des choses réellement intéressantes puisque quasi expérimentales : Stewart Copeland. Pour celles et ceux qui ne le connaissent pas, c'est un bel et grand dadet, habillé en short 3 bandes/baskets/marcel/poignets-en-tissus-éponge-pour-la-transpi, qui faisait virevolter ses baguettes sur les nombreux fûts de sa batterie, dont la grosse caisse affichait "The Police". Quand un concert durait 2h30, il jouait durant ces 150 minutes, comblant les intermèdes entre les morceaux avec ses percu'... Pas de répit pour Copeland. Un grand talent. Maintenant, fortune acquise, il reste parfois en studios, mais surtout en voyages : à la conquête de la planète "sons et sonorités".
C'était un petit hommage à ce Monsieur fort respectable.

Mais je dois revenir à mon sujet du jour : la World Music. Qui dit world pense - normalement - à tous les continents, et il y en a un qui est bien oublié : l'Asie. L'Orient, et plus encore le pays du soleil levant (même s'il se lève aussi à Brest, mais bon...).
En Maître absolu des savants mélanges de musiques rock, electro, philharmonique, et tradi-nippone, Ryuishi Sakamoto s'impose. Un point c'est tout. Sakamoto, c'est une extraordinaire viruosité dans la composition qui fait de lui un des grands signataires de musiques de films, et de thèmes intemporels.
Ses compositions sont d'une sensibilité extrême, et d'une recherche des plus poussées, puisqu'il cherche l'évocation, la générations d'images.
Pour resituer le personnage, c'est lui qui composa la musique de Furyo, se faisant accompagner, sur la chanson phare, d'une des voix les plus chaudes et profondes qui soient : celle de David Sylvian.
Un autre exemple que vous aurez pu entendre : Le Dernier Empereur. Anecdote au sujet de cette BOF : Bertolucci, réalisateur du monument, avait commandé à Sakamoto un thème qui soit très triste. Notre nippon se mit alors sur ses portées, et revint avec son étude qu'il fit écouter à Bernardo. Celui-ci resta muet (et on n'est même pas dans Zorro !), puis se mit à pleurer à chaudes larmes. Un bon gros mouchage de nez fut nécessaire avant que le réalisateur ne dise au compositeur "Non... C'est trop triste, là.. Fais moi autre chose..." , cette anecdote est pour vous signifier à quel point Sakamoto est capable d'émouvoir, de transmettre son hyper sensibilité. Le fameux thème composé par Sakamoto et gentiment rejeté par Bertolucci est, depuis, sur l'album "Sweet Revenge", et c'est le morceau qui donne son titre à l'album. Ecoutez-le : il est, en effet, à pleurer tellement il est beau et émouvant. Il est là.
Bon, en dehors des nombreuses musiques de films qu'il a composées, Ryuishi a à son actif une richissime discographie faite s'albums dont la ligne directrice est une recherche de sons, de mariages de sons et de styles. Ces mariages sont souvent déconcertants de prime abord, ensuite enveloppants, envoutants.


S'il s'agissait de désigner un album de Sakamoto, c'est compliqué... et je dois en choisir  2 : je vous conseillerais Neo Geo - 1987 - qui n'aligne que de fabuleuses pistes. Parmi celles-ci, un magistral "Risky" chanté par l'iguane qui sautille aujourd'hui sur les affiches des Galeries Lafayette : Mr Iggy Pop. Le 2ème album immanquable est Beauty, qui porte si bien son nom, avec une reprise de "We Love You" des Stones, puis 2 incroyables chansons traditionnelles japonaises, Romance et Chinsagu No Hana vous feront apprécier ce qui semblait être auparavant de l'inaudible crincrin nippon.

En parcourant la disco' de Sakamoto tout en se réintégrant notre millénaire, voici CHASM. Un bien bel album qui nous baigne dans l'irréel. Ici, nous dirons que Ryuishi Sakamoto a trouvé une sorte de 4ème dimension musicale. Celle-ci se situerait à la jonction du figuratif et de l'abstrait si nous devions parler de peinture... Nous pénétrons le domaine des fractales musicales...
Les sources du son et de la musique y sont fantastiquement utilisées. L'auditeur néophite ne portera surtout pas de jugement sur la base du morceau "Coro" qui, peut-être, tient son nom de son coté hyper-hard-core dans le monde de l'expérimental...
Je vous suggère plutôt de reposer vos douces oreilles sur Undercooled qui ouvre l'album : vous comprendrez ce qu'est de si bien allier les cultures, et vous découvrirez le slam japonais, qui est très bon.

Ensuite - et là c'est un moment d'extase (et je reste hyper objectif...) - fermez tout, isolez-vous, et écoutez World Citizen qui vous mettra les poils des avant-bras au garde à vous, grâce à la sublime voix de Monsieur David Sylvian. Si, si : le revoilà. Il faut dire que David et Ryuishi se connaissent depuis... Pffff... 35 ans, et collectionnent les belles collaborations depuis.

D'une façon générale, la plus belle occasion d'écouter cet album est de vous mettre côté fenêtre dans un train de banlieue, et de regarder le paysage et les scènes défiler au rythme du "tatoum-tatam" du train, ce son étant si bien évoqué au cours d'un album hyper urbain.
Peut-être en ai-je trop dit... C'est uniquement parce que je serais ravi que vous viviez les sensations que la musique de Riuyshi Sakamoto me procure.

Ici, nous sommes complètement "dans tous les sens". Han ! Ouiii !

Enjoy
Peace & B wild.

jeudi 1 décembre 2011

Emancipation

Avant-Propos :
Lecteur apprécié, lectrice adorée, le titre de ce post ne fait AUCUNE référence au triple album de Prince sorti (plus que paru) en 1996 (Si, si : Prince n'a pas fait QUE des choses absolument essentielles, magiques, extraordinaires et incroyablement excellentes... Diable ! Que je suis impartial !).

Je voulais, au travers de ce titre, souligner - malgré le côté excessivement commercial du morceau et de la bête - que mademoiselle Rihanna Chombier ('faut bien lui trouver un nom de famille, la pôv'...) nous fait un signe flagrant de son émancipation - au moins ponctuelle - du arènebi made in black people. J'en veux pour preuve le morceau qui passe en bouclette-pleine-d'huile-lissante sur les grands réseaux radio de zik de djeun's : We Found Love.
A la première écoute, ne reconnaissant pas qui était derrière le micro, j'ai cru à une production nordique, ou allemande, car quand ces gens se mettent à faire de la dance music, ils n'y vont pas avec le dos de la cuiller, et We Found Love semble rassembler l'ensemble de ce qui peut fabriquer un pur tube de dance made in Europe.
Rien que pour la curiosité auditive, je vous conseille l'écoute de ce morceau qui devient déroutant - donc - une fois que l'on sait que c'est mademoiselle Chombier qui en est l'interprète. Et, je le répète, Chombier est un nom que j'ai emprunté pour Rihanna-la-sans-famille. La pôv'... (Gaga est noble, elle...).
Le reste de son nouvel album, destiné à un tsunami mondial de décibels, reflète pas mal aussi ce "blanchiment" du son, mais il y a quand même toujours, et sur chacun des autres morceaux, une trace d'ADN de Rihanna : le arènebi (donc avec pour père, le bouillon, et pour mère, la soupe).(Je rouvre la parenthèse pour rappeler qu'on ne peut confondre arènebi et R'n'B).


On aimera, on n'aimera pas... Tout sera permis. Toutefois, on ne pourra nier, forcément, une mega prod, appuyée par des moyens colossaux qui seront grassement rémunérés par une promo et une worldwide-tournée des stades et plateaux de TV. Hé !

Pour ma part, même si je ne suis fan de la demoiselle, j'avoue (si, si) apprécier We Found Love, qui atteint bien son but premier : donner envie de faire la teuf. Son autre but est aussi atteint, puisque la ritournelle, une fois entendue, est difficile à virer des neurones... 
Aussi, et là le coeur va parler, j'ai toujours un grand plaisir à entendre Môssieur Jay-Z sur le morceau qui donne son titre à l'album : Talk That Talk. Je crois que j'aime entendre son intelligence et une certaine sincérité qui ressortent de sa voix...

Aussi, et je rejoins un confrère, Drunk on Love  mérite le détour. Ça parle de Maman, de Papa...

Enfin... Tout cet article n'est qu'un avis assez perso qui est maintenant mondialement diffusé au travers du plus grand blog de la Toile, et vous pouvez continuer de le publiciser avec grande ferveur. J'en profite pour faire mes annonces : amis de Sydney, Papeete, et Kuala Lumpur : Bonjour ! Amis de Paris, Londres, Moscou, Redon et Beton-Bazoches : Bonsoir !

Allez, enjoy !
Peace & B wild !

Un nom qui en dit long

Avec un seul nom, je vais vous faire deux chaudes recommandations sur deux genres bien différents.

Dillon. Une jeune artiste germanique qui sort tout juste un très bel album, d'un son electro alternatif qui accompagne merveilleusement une voix féminine des plus agréables pour nous reposer sur des chansons qui frôlent la comptine. Vous pouvez rerendre votre respiration. 
 
... Mais désireux d'en connaître un peu plus sur la production musicale de cette charmante personne, je me suis empressé d'écouter les autres albums présents sur Deezer sous le nom de Dillon. Figurez vous qu'une excellente formation homonyme et sur du Hip-Hop a commis un album, ou plutôt un EP de 19 minutes en juin dernier. C'est de l'essence de Hip-hop, avec de remarquables mixes, et un rap bien enlevé.
L'énorme regret sur cet EP est qu'en 19 minute, ce groupe nous aligne 11 morceaux, ce qui porte le plaisir à de trop courts instants. Même si ces 10 derniers mots forment une définition de ce qu'est l'orgasme, nous n'y sommes toutefois pas, quand même ! malgré une très grande qualité musicale, et un groove à expurger les portugaises les plus ensablées. Je vous le conseille donc, cet EP intitulé Cupid's Revenge : The Ain't Shit Suite (W/Grown Up Remixes). Un autre reproche sur cet EP : la pochette... Beuark !

Je reviens sur Dillon-la-jeune-femme. Je parlais d'electro alternative. Il y a ici des moments qui me font penser aux productions 4AD pour les plus connoisseurs et nostalgiques d'années magiques, oscillant entre 1985 et 1995. Il y a aussi des moments "bjorkiens", ce sont ces morceaux proches de la comptine, appuyés par une voix doucerette, mais qui s'éloigne toutefois de l'enfantin, du fait d'un petit vibrato qui ne sera sans émouvoir les adeptes des guilis auditifs. 
Ici, Dillon chante, et elle chante très très bien. Une énorme sensibilité émane de ses vocalises - légères, mais si délicieuses. L'album a un titre sublime : Silence kills.
Oui, cet album est un délice. Il vous apportera nouveauté, plaisirs, volupté, et des sensations que la raison a du mal à définir. Oui, là aussi, ça peut définir l'orgasme... Mais sachons nous contenir afin de ne point tacher ces pages qui, je l'espère, vous sont belles.

Enjoy,
Peace & B wild.

vendredi 25 novembre 2011

Mary m'oblige

Mary J.Blige, sublissime et sculpturale (mais ça, normalement on s'en fiche pour la Zik...) vient de sortir un album tout en continuité : My Life II : the Journey Continues (Act 1), ce qui laisse présager au moins d'un autre acte à venir (et ça serait tant mieux) alors que ce bel opus est déjà une suite d'un de ses meilleurs albums - My Life.

Cette nouvelle galette au titre trop long pour que je le répète est très bon, Mary y est très bien accompagnée, tant en voix qu'en musique : Nas avec le sample de violons utilisé par RZA dans le hit Triumph du Wu-Tang-Clan, ça, c'est pour la référence lourde. Puis il y a Busta Rhymes, Rick Ross, Drake mais aussi Diddy, Beyoncé & Lil Wayne. Un bel entourage donc.


Du gros son de R'n'B, Soul, du Hip-Hop, et même des sons electro qui viennent pimenter ça et là.
Vocalement, si vous aimez Chaka-Khan, vous aimerez Mary J.Blige. Et d'ailleurs, elle ne se prive pas de reprendre - très bien - le Ain't Nobody que la papesse Chaka chantait si puissamment avec Rufus il y a pas loin de 30 ans.

Le mot "Continues" a toute sa raison d'être car la quasi intégralité des 18 pistes sont mixées ensemble, créant une belle histoire que je vous conseille vivement - donc - d'écouter.



Alors, enjoy,
Peace & Wild

mardi 22 novembre 2011

D'une pierre, deux coups.

Bon... Tout le monde n'abonde pas dans mon sens au sujet du p'tit Lu au carré (voir là)... Et c'est une bonne chose : j'émets des avis, des conseils pour faire du bien à vos oreilles, mais tous les traitements ne fonctionnent pas de la même façon sur tel ou tel patient.

Alors, cette fois-ci, deshabillez-vous, gardez slip-chaussettes, allongez-vous et je vais vous concocter une ordonnance - et une sévère - qu'un mien ami prendra certainement pour de l'acharnement thérapeutique...
Deux traitements vous sont ici proposés, issus des mêmes Laboratoires. Serviez-vous, mettiez-vous donc à l'aise.

Nous resterons sur une scène cocardière. Quoique la seconde prescription le sera un chouia moins.
Quant à l'acharnement thérapeutique évoqué plus haut, il réside dans le fait que je vais vous parler de "fils de / fille de". Désolé LB...

Commençons pas le fils Higelin, Arthur H, donc. Étonnement, il vient de nous sortir un album très gainsbourien, et cela n'a rien à voir avec la tronche d'Arthur qui, lui, pourrait vraiment être le fils du Serge... Baba Love est un magnifique album, fait de chansons guillerettes (Give Me Up, Le Paradis Il Est Chinois), et d'autres beaucoup plus profondes, et c'est sur ces dernières que je veux me poser et me pauser aussi, car Arthur y montre un talent d'écriture, et une voix - non-éraillée ! - qui impressionnent mes oreilles, mon cerveau puis, pour finir en beauté, les poils de mes avant-bras qui se mettent au garde à vous. 

La Beauté De L'Amour, Dis-Moi Tout... puis, en sublimation totale, Prendre Corps d'où émanent le plus d'effluves gainsbouriennes, celles qui appaisent, réconfortent, emportent... Je n'aime pas fumer le cigare, mais j'aime l'odeur d'un bon barreau de chaise simplement chauffé, allumé, puis savouré par un épicurien décontracté. Et cette chanson m'emporte dans un délicieux et voluptueux fumoir. Un cabinet fait de boiseries, de livres, de cuirs, et de quelques flacons de gnôles fruitées et centenaires, c'est un cabinet très privé... Arthur H, que je n'adore pourtant pas, m'a littéralement retourné comme une crêpe. Et retourné encore avec la chanson titre : Baba Love.
Cet album est très bon, bien fait, très bien écrit, et comme je le dis plus haut, il est très agréable d'entendre Arthur H réellement chanter.

J'évoquais donc l'acharnement thérapeutique, et deux prescriptions issues des mêmes labos... Comme je viens de parler d'Arthur, je vais donc immanquablement passer à Izia... La soeurette de cet autre homme-à-la-tête-de-chou, la fillette d'un des papes (pappys ?) du rock français : Jacques Higelin.

Izia vient donc de sortir son deuxième album - quelle activité familiale ! - qui ne dénote pas du premier... Quoique, si : il est meilleur. S'il est moins cocardier que celui de son frère, c'est parce qu'elle chante en anglais. Si, si : ça se fait aussi. Ce bon album s'appelle "So Much trouble". Je ne vous ferait pas l'affront de traduire...
Il est meilleur dans sa hargne, sans qu'elle s'abaisse à un consensus qui serait de bon goût, de bon aloi. Izia reste la même en ayant, je pense, appris.
Ici, nous sommes dans le rock, à plein tube, dans des racines profondes et terreuses. Izia chante, crie, déclame avec force sur des rythmes que beaucoup de présumés rockers peuvent lui envier.
Pour écouter Izia, je le précise à celles et ceux qui ne savent pas, il faut aimer la guitare, la gratte, les distors', ce rythme binaire qui pousse au réel head-banging (donc, ranavoir avec les pouffes des "chanteuses" évoquées là...). Pour les amoureux du rock garage, peut-être est-elle considérée comme une modérée... Pour moi, elle est, malgré un style musical qui n'est pas ma keupovti, très bonne. Elle me fait pousser des ailes en l'écoutant.
... Et croyez-moi, avoir des ailes quand on a un genou cassé, c'est d'une grande aide !

Voilà. C'est la fin de la consultation. Messieurs, vous pouvez vous rhabiller. Mesdames, il faut que nous reprenions rendez-vous très prochainement, un examen approfondi s'imposant, bien sûr.

Donc, en résumé :
Enjoy Arthur H et Izia.
Peace & B wild. Always.

jeudi 17 novembre 2011

Etonnant ! Non ?

Comme bon nombre d'entre vous, la dernière fois que j'ai vu Lulu, c'était en vidéo : il était un petit bout de chou de 2 ans qui, apeuré par les cris d'une foule en délire, rejoignait son papa, Serge, sur la scène du Zénith de Paris en 1988...

Depuis, malheureusement, Gainsbourg s'est réellement barré après que Gainsbarre se soit maintes fois réellement bourré. Et puis... Et puis... plus de Lulu... Un néant que j'attribuais à une certaine médiocité, alors que sa demi-soeur se construisait allègrement sa carrière...

Alors, quand j'ai appris que ce " fils de" sortait un album-hommage à son père, je me suis dit que, vraiment, il était gonflé de se faire du fric-facile grâce au magnifique patrimoine que Gainsbourg lui avait laissé, en indivision. Un petit coup de Google, je regarde sa tête, et je ne sais plus s'il est Lulu ou Johnny... Aucune personnalité, donc.

Décidé à vérifier mes a priori et à le lyncher sur la place pas assez publique de ces pages, je me suis empressé d'écouter cette production, et ... grand bien m'en fit, car ces fameux a priori ce sont lamentablement écroulés et ce, dès les premières notes qui sont venues enchanter mes pavillons : "From Gainsbourg to Lulu" est un "must hear", un "must listen to", un "must have".

Le petit Lulu, du haut de sa jeunesse légèrement amoindrie par ses  25 ans, a réussi à rassembler un plateau aussi riche qu'extraordinaire pour réinterpreter, réinventer, voire magnifier de merveilleuses créations de feu Serge.

Sur les 16 pistes de ce magnifique album, il n'y a - à mon sens - qu'une fausse note : "Sous Le Soleil Exactement"... Musicalement magistral, mais fort malheureusement "chanté" par Shane Mcgowan... que je n'aime décidément pas, ni seul, ni quand il fut accompagné des Pogues... Sur terre, il y a en fait deux bonshommes de la même trempe : lui, et Arno, et je n'arrive pas à comprendre le talent qui leur est reconnu.
Ça, c'était le flop. Maintenant, s'il doit y avoir des Tops, je me permets d'en nommer trois en ex aequo :
  • un "Manon" qui vous fouttra les poils de là jusque là et ce, dès les premiers mots prononcés par Lady Mariane Faithfull. Un fabuleux moment...
  • un "Je Suis Venu Te Dire Que Je M'En Vais", définitivement joli et beau, chanté par la douce voix de Rufus Wainwright.
  • et une gigantesque surprise : l'iguane lui-même s'aventure à force d'accent gavé de bubble-gum sur un Initial BB déroutant : oui, Iggy Pop y est surprennant, et terriblement bon.
Vous aurez aussi le plaisir de profiter de la schizophrénie du fils Cheddid, puisque M interprète Requiem pour un Con (en duo avec Lulu), quand Matthieu participe à une très belle Couleur Café collective.

... Et il y en a encore, de si belles choses sur cet album..

J'annonce enfin un dernier top : il concerne Lulu Gainsbourg lui-même. S'il ne prouve pas de maîtrise sur la voix, il montre une réelle majesté dans l'art de réunir de beaux talents, de les placer, de créer des mariages inespérés, de réinventer et réarranger sans blasphème ce qui semblait être intouchable. 

Ajoutons à ses talents une virtuosité certaine devant les noires et les blanches de son piano, et un vrai sens jazzique. Pour moi, il a l'âme d'un producteur. D'un  grand. Ce top est accompagné de mes plates excuses pour les affreux a priori que j'ai pu avoir à son encontre.

Ce garçon est totalement digne de son père. Chapeau ! Alors courrrrez avec 4 r pour aller plus vite, écoutez-le, et passez un excellent moment.

Enjoy, enjoy again. And again. And again...

Peace & B wild.

vendredi 11 novembre 2011

De quel genre parlons-nous ici ?

Start Fresh, album de Chlorine Free est difficilement classable. il faut toutefois ne pas être allergique à la musique black : il y a ici du jazz, du jazz rock, du jazz-funk, du jazz-fusion, de la soul, parfois même du R&B (Rythm'n'Blues, pas Arènebi...).

Si vous aimez le doux son de l'orgue Hammond, celui des flûtes traversières, de la batterie bien frappée-jouée, du scratch joliment posé, du rap coulant, et surtout l'originalité totale, changez de dentifrice : prenez Start Fresh, il est au groove actif, et détartrera les oreilles les plus calaminées par de la beurk music.
Les 7 français qui composent cette formation sont diablement bons, il créent et assemblent une musique rythmée, chaloupée, ça file la pêche, ça surprend... c'est indispensable.

Alors, enjoy !

Peace & B Wild.


jeudi 10 novembre 2011

Batman est bien secondé. Kenavo Robin !

Il est chaud, tout chaud, sorti lundi dernier, et nous interroge d'emblée sur la direction à prendre : Robin Foster nous délivre un sublime album, Where do We Go from Here, classé par Deezer en "alternatif", mais ça n'est pas à prendre au pied de la lettre.
Certes des sonorités parfois "planantes" vous embarqueront dans des alcôves que vos songes n'avaient encore exploré, mais il y a aussi de magnifiques bases rock, pures et dures. Certains entendront des réminiscences de la bande à Bono - des sons de guitare edgiens, de la basse claytonienne, de la batterie Mullenienne et, parfois, des vocalises Hewsoniennes (oui, c'est le vrai nom de Bono). Je ne veux pas dire par là que Robin Foster fait du U2, car il est à mon avis difficile de dire une telle chose, les 30 ans de carrière affichant une incroyable adaptation aux sons du moment, tout en préservant leur identité. Oui : U2 est tout le contraire des Black Eyed Peas qui ont su magnifiquement perdre l'essence de leur son...


Revenons à Robin Foster. Ces 11 pistes sont particulièrement bien produites, parfois douces, parfois partant en déjante... le résultat est un album qui a une belle continuité et sur lequel il ne faut rien jeter, Robin fait de la musique qui est à l'image du cochon, fleuron de la production agricole bretonne, puisque Robin a enregistré sa galette chez nous, en Armorique, ou ce gentil Ioukèien a élu domicile depuis 1997. Il est guitariste, et sait vraiment bien accorder son instrument. Il sait aussi très bien s'entourer : les voix sont à mettre à l'actif d'un certain Dave Pen, qui est donc celui qui me met du Bono dans les oreilles. Where Do We Go From Here n'est pas le premier bébé de Robin, un premier album est sorti en 2008 (Life is Elsewhere), et ses talents se sont aussi fréquemment retrouvés sur de belles publicités (Hugo Boss, Kenneth Cole, Barclays...).

Je vous recommande chaudement ce Monsieur et son album, cette musique étant elle-même chaleureuse, généreuse et tellement bien balancée.

Enjoy.
Peace & B Wild

lundi 7 novembre 2011

Quelques explications s'imposent...

... à la suite d'un été qui a rendu la fréquence de mes publications moins forte, septembre fut le théâtre d'une reprise professionnelle qui, forcément, accapara ma personne et mes esprits, laissant mes oreilles en peine de musique, et vos yeux dans une torpeur innommable puisque je cessai carrément de publier mes avis, contestables ou non, malgré une rentrée musicale assez riche, je vous l'accorde.

Depuis cette reprise, un autre événement est venu s'encastrer dans ma vie, ou plutôt, c'est mon scooter qui est allé s'encastrer dans une très méchante Clio qui, inopinément, décida le 7 octobre dernier, de brûler son joli feu rouge. L'automobiliste eut d'ailleurs le doux réflexe de s'en aller, sans laisser de bristol sur le pare-brise de mon fier destrier. Cela dit, le pare-brise étant lui-même brisé, la tâche lui était alors rendue difficile... Mais bon, en ce matin du 7 octobre, me voici allongé sur une chaussée plutôt fraiche, un bobo au genou m'empêchant de me relever et de courir vers mon nouveau bureau. 

Quelques heures plus tard, un gentil radiologue m'informa de la belle fracture ouverte de la rotule qui résultait du vol plané que j'avais effectué sous l'influence d'un choc - oui - très violent. Il passa la radiographie à son copain le chirurgien qui s'empressa alors de mettre dans ma rotule quelques breloques et accessoires me permettant maintenant de "beeper" sous les portillons aéroportuaires.

Pour la faire courte, je me suis donc fait déglinguer le genou par un connard, et depuis ma sortie d'hôpital, je suis en rééducation, et m'occupe de la paperasserie liée aux assurances, et à la procédure que je dois lancer auprès de notre belle (?) justice afin que le susdit connard en prenne pour le plus cher possible, puisque quelques témoins attentionnés eurent le temps de relever le numéro de la plaque minéralogique du pas gentil contrevenant.

Vous me direz, tout cela me laisse normalement beaucoup de temps pour me remettre à des écoutes musicales et autres critiques plus ou moins argumentées... mais en fait non : je crois que je n'ai pas trop la tête à cela.

Alors, pour me faire pardonner, si vous êtes d'accord, je vous fais un cadeau... non : DEUX cadeaux. Ce seront 2 videos inanimées, mais dont le son vous donnera envie de bouger, le rythme y étant si bon, coulant, groovant et puissant.

Le premier morceau est de Shirley & Company, il date de 1975 et s'appelle "Shame, Shame, Shame". On notera au passage que Shrley & Company, a un peu épuisé toutes ses ressources sur ce morceau puisque, sur le même album qui affichait cette piste, figurait un autre, dont le titre est "Cry, cry, cry", et dont la structure musicale et le rythme sont des copiés/collés du premier...


Le second morceau que je vous propose est la sublime adaptation que Henri Salvador fit de "Shame, Shame, Shame", une chanson-gag a pisser de rire, dont le titre est bien évidemment d'actualité en ce qui me concerne : "J'Aime Tes Genoux". Bon, comme je n'arrive pas à coller la vidéo, cliquez ICI



Enjoy,
Peace & BWild