Dear Ladies, soyez les bienvenues, Dear Gentlemen, soyez les bienvenus. Je vous accueille au pays des mélanges heureux.
En effet, aujourd'hui, je vous propose une moussaka carribéenne dans sa nage de sauce menthe. Parce que Lianne La Havas est anglaise : elle est née à Londres, plus exactement à Tooting (je suis même allé deux fois à Tooting, mais ça n'a aucun rapport avec la musique). Ça, c'est le côté « menthe » de notre préparation.
La moussaka est apportée par le père de Lianne, car à l'instar de Georges Michael, il est grec. Il doit, a priori être un chouia moins homosexuel, puisqu'il procréa... donc.
Enfin, le côté carribéen vient de la maman, et je pense même qu'elle va nous transformer notre plat en space moussaka, puisqu'elle est jamaïcaine…
Allez hop ! Nous allons continuer sur une belle tendance : ce nouveau son du Hip-Hop français, fait de rythmes bien sûr, d’harmonies et de textes qui ne puent pas l’appel à la violence des caves des cités, tout en s’inscrivant dans des quotidiens qui ne sont pas forcément les plus beaux ou les plus enviables.
Je les ai découverts… en écrivant… puis en étant lu. C’était l’article sur Gaël Faye et son Pili-Pili sur un Croissant au Beurre, P-H Roy a pris contact avec moi car le groupe dont il fait partie, Un Notre Parfum, est dans ce son si agréable. La preuve en est : Gaël devrait être en featuring sur l’EP qu’ils préparent pour la fin de 2012.
Pour les écouter, il y a plein de moyens : Youtube (avec la vidéo qui est plus bas), leur facebook, leur myspace, et leur site.
Si, d'aventure (ou pas), vous désirez opérer sur votre jolie face l'effet d'une monstrueuse baffe, d'une gigantesque gifle - format Lino, ou Bud (pour les esthète du cinéma rital quand il essaye de paraître amerloque), j'ai un bon plan pour vous, qui m'a été communiqué par mon ami Fred et son tumblr.
C'est de l'exta en mp3... du LSD dématérialisé... une came à nulle autre pareille... Max Cooper n'est pas un DJ et Remixeur en herbe : il maîtrise les curseurs, les potards, le beat et les sons. Une vibe incroyable. De l'essence d'Electro pure, pas coupée, mais qui reste magnifiquement raffinée. Cooper est ultra borderline, il nous place toujours sur le seuil qui sépare le Lounge du Dance Floor. Oui, c'est la meilleure place : tout en profitant du bon son, vous pouvez bouger - suavement, tranquillement - tout en admirant les trois scènes de spectacles que sont le D-floor, le Lounge et le Bar. Ce n'est plus un seuil : c'est le plus beau mirador de la galaxie avec le meilleur sound-system de l'univers qui vous délivre les sensations dont vous avez besoin...
Alors voilà. J'ai vu un nom qui m'était recommandé, et j'ai écouté et j'ai aimé.
C'est le nom qui m'a fait réagir. A une particule et une orthographe près... Il s'appelle Gaël Faye.
Ce joli nom se pose sur un joli métissage puisque il est de père français et de mére rwandaise. Jeunesse au Burundi, qu'il doit quitter à l'âge de 13 ans pour cause de... guerre. Il arrive en France, y grandit, puis se retrouve en école de commerce à Londres, qui le méne à la City oú il vêt son déguisement local, un beau costume rayé, une belle chemise et une cravate dont la sobriété est de rigueur.
Je ne vais vous parler que d'un seul et unique morceau... que j'ai déjà évoqué au post précédent.
Extrait et quasi en ouverture de Composed de Jherek Bischoff, avec son orchestre et la voix suave et dingotte de David Byrne, j’insiste sur "Eyes".
Installez-vous
: soit confortablement dans votre canapé, avec votre meilleur casque,
en fermant les yeux, soit debout au centre d'une pièce que vous aurez
pris soin d’éclaircir, de dégager car vous aurez besoin de place. Les
plus nantis profiteront d'un plateau, avec 15 bons mètres séparant Cour
et Jardin.
Maintenant, lancez la musique... vous allez accéder en 4 minutes au titre tant convoité de champion interstellaire de danse de salon.
Si
vous êtes une femme, vous êtes accompagnée d'un homme à la plastique
parfaite, il n'est pas ce qu'on appelle "gracieux" : il est totalement élégant, select et
mondain, subtil et délicat, et terriblement affirmé. Il a l'intelligence
de ne pas surjouer ses gestes et mouvements... En résumé : il est comme
vous.
A toutes celles et ceux qui aiment, apprécient, adorent, s'envolent les yeux clos, esquissant un sourire à l'écoute de quelques musiques de films, ce post devrait vous intéresser.
Mais attention : quand je parle de musique de film, je n'évoque pas ces compilations plus ou moins bonnes - ou plus ou moins mauvaises - de différents morceaux vintage piqués ça et là par un illustrateur sonore bardé d'une belle culture musicale et d'un iTunes affichant plus de 600 000 morceaux. Non. Quand je parle de musique de film, je parle de ces merveilleuses compositions faites, créées, réalisées pour illustrer une seule et unique œuvre cinématographique. Parmi ces grands auteurs citons Ennio Morricone, John Williams, Michel Legrand, Ryuishi Sakamoto, Henry Mancini... et tous ceux qui savent donner tant de force à l'image par la musique. Et, pour ces grands auteurs, quand vous les écoutez sans l'image, les yeux se ferment afin de revoir le film, ou même afin d'en inventer votre propre version : vous voici réalisateur !
Aujourd'hui, la musique de Jherek Bischoff me fait ce même effet. Il faut dire que les violons y sont pour beaucoup. Le symphonique inspire l'envolée songeresse et rêveuse.
Sur les 9 trop courtes pistes de cet album, Bischoff nous trimballe dans des ambiances... car c'est ça, la musique de film : de l'ambiance. Ce qui n'exclut en rien le rythme, la modernité, et la puissance. Bien au contraire
Tout d'abord, un grand merci à RL. Vous savez, c'est mon ami (sur FB, et surtout dans la vie) pour lequel je m'étais amusé à mettre en doute la solidité d'une amitié au sujet de divergences d'avis musicaux, qui s'avérèrent être des convergences au final. C'était au sujet de SuperHeavy, un désastreux gâchis marketing sous la forme d'un album nul... C'est là.
RL est donc, et bien sûr, resté mon ami, et hier, savourant le trafic entre la Porte d'Issy et celle de Champeret, il me fit écouter quelquechose dont j'avais entendu parler, mais qui ne me tentait - mais alors pas du tout !
Faut-il qu'une artiste anglo-saxone ait subi un épouvantable traumatisme dans son enfance pour qu'elle ait un talent fou et déborde de créativité, d'émotion, de sensibilité ?
Dans la lignée délirante et brûlante de Tori Amos, voici Madame Pomme, madame Apple, Fiona Apple. Mon premier paragraphe fait référence à une même horreur vécue par ces deux créatrices : le viol. Ells se démarquent considérablement des productions actuelles, et ont, à mon sens, une puissance d'expression égale, chacune sur son registre exclusif.
Fiona Apple sort un incroyable album au titre dont même l'acronyme reste trop long, c'est là son seul défaut. Essayons l'acronyme : TIWIWTTDOTSAWCWSYMTRWED. C'est en effet un peu dur à mémoriser, à moins d'avoir un Mastère en mnémotechnique. J'arrête ici mes digressions pour parler sérieusement d'un album qui mérite qu'on l'écoute.
S'il vous plait, ne les appelez pas "citouci", mais simplement "cédeucé", ça me ferait plaisir. Car d'une part, ils sont 4 français, et d'autre part la légende raconte que C2C est l'acronyme de Coups de Cross. Alors, bon, s'il vous plaît.
Même si ces 4 gars sortent leur 1er album numérique, qui d'ailleurs n'est qu'un EP de 6 excellemts titres, ils ont déjà quelques albums vinyles a leur actif car, au contraire d'un David Guetta qui "mixe les bras en l'air" des pistes 100%numérisées (et déjà mixées...) ces messieurs travaillent cette matière noire et noble : ils sont DJ's. Pardon... Ils sont plusieurs fois champions du monde de mix, que ce soit en équipe ou individuellement. Deux d'entre eux font partie de Hocus Pocus, les 2 autres mettent leur talent au service de Beat Torrent.
Oh ! La belle bleue ! C'est en gros ce que l'on pourrait dire de cette musique si elle devait être perçue par les yeux : un vrai feu d'artifices, une suite d'explosions de sons, plaqués pour la plupart afin d'occuper l'intégralité du spectre auditif à tous les instants, mais attention : sans saturation.
Man Without Country, avec leur album Foe nous emportent en voyages. Un voyage temporel d'abord, au cœur des années 90 et du beau label 4AD. Nous sommes dans une veine nourrie d'alternatif, d'électronique, des basses sorties tout droit d'une new wave sombre... Le gothique flamboyant, mais avec quelques arcades romanes histoire d'apporter un peu de rigueur passéiste à ceux qui voudraient considérer que ces sons tiennent de la fioriture décorative. Les origines galloises du duo sont, de fait, pour beaucoup dans ces sonorités.
Ensuite, il y a un voyage qui sera… le vôtre. Fermant les yeux, accompagné ou non de volutes aussi décontractantes qu'illégales, vous embarquez à bord d'un vaisseau qui vous emmènera dans les contrées les plus reculées, vierges de tout regard, puisque c'est celui de votre âme qui se posera en premier dessus… (oui, je me lâche un peu...)
Man Without Country ressemble à un revival, un heureux revival, savamment mis à la sauce 2012, les technologies aidant, et un souci du détail ayant dirigé ce très beau travail.
Je vous le conseille, comme mon ami Fred me l'a conseillé (thanx mate!).
Et puis, comme c'est Noël, à 6 mois près, je vous colle 2 videos : "Puppets", extrait de l'album évoqué ici, et "All is Full Of Love", une belle cover du morceau de la trublione de Reykjavik, Björk. Cette reprise n'est pas dans l'album.
Je ne sais pas pourquoi, mais samedi, j'ai eu une pulsion. Il fallait que je me remette du NTM dans les ouïes.
Je l'avoue, aux toutes premières heures de Suprême NTM - car n'oublions pas le vrai nom political correct du groupe - je n'ai pas vraiment adhéré. C'est avec "1993 J'Appuye sur la Gachette" que j'ai senti la vibe. La putain de vibe...
Hier, donc, je me suis donné comme mission de réécouter les 4 albums qui constituent la fulgurante ascension de ce collectif mené - s'il est besoin de le rappeler - par Kool Shen et Joey Starr. En fait, je voulais savoir si leur musique qui a en gros 20 ans d'âge avait pris des rides, ou même si elle était devenue has-been.
... Oh la vache... C'est la claque du siècle. J'habite St Denis - neuf cube - terre nourrissière de NTM, et depuis 10 ans que j'y vis, mes moments de piéton sont souvent animés par le rythme sourd qui sort des voitures, toutes fenêtres ouvertes, laissant hurler à la rue l'évident rap de la dernière heure. Je vous l'affirme, ce rap là oscille entre médiocrité et nullité. Il est mauvais copieur, bas de gamme, et à ranger dans les rayons à côté de l'after shave Mennen dont s'aspergent quotidiennement ses auditeurs.
Revenons à NTM : non seulement leur son est toujours d'actualité, mais surtout, il reste inégalé et, je me permets de le dire - inégalable, pour la simple et bonne raison qu'ils ne sont jamais dans la caricature du rap after shave évoqué plus haut. Leur musique, leur scande est vécu. Ils ont même un humour incroyable. Pour ce qui est autour, les rythmes, les samples, le mix, l'orchestration et la mise en scène de tous ces ingrédients, c'est un zéro faute. Tout est bon dans NTM, et je ne sais même pas si c'est Hallal.
En gros, si j'ai un reproche à leur faire, c'est d'avoir grillé toutes les cartouches du rap français, sans laisser la place à quiconque derrière pour apporter quelque chose. De telle sorte qu'aujourd'hui, ne restent plus que des suiveurs, copieurs de bas-étages. Une exception tout de même, Cabadzi. Mais ça n'est presque plus du rap...
Cet article est lá, quand même, pour vous inciter à vous replonger, en apnée jamais juvénile, dans les 4 albums qui firent l'histoire de NTM, ou de Suprême NTM (à vous de choisir). S'il y a la hargne et la haine inhérentes au rap, au hip-hop, ces albums sont fait d'une multiplicité de maîtrise d'oeuvre et de créativité : un groove qui vous prend aux tripes, des samples dont la qualité n'a d'égale que celle de celui qui les mixe, et puis... Et puis... Cette fluidité vocale, toujours articulée, cette verve, ce scande...
Et puis, il y a ce doute... quand on écoute NTM, on ne sais plus trop si on va suivre le rythme parfois langoureux du beat, ou la Suprême excitation d'un rap ravageur...
NTM est magique. Ils n'ont pas pris une ride. Ils ont tout compris - à quelques exceptions près - au hip-hop, et ont su traduire cette culture à la sauce française par le poste de douane de Saint-Denis.
Écoutez-les. Vous bougerez, vous grooverez, vous sourirez, vous vous marrerez, vous vous poserez des questions et puis, surtout, vous écouterez un son unique, diablement bon. L'album "Authentik", premier opus du groupe, est déjà marqué d'une maîtrise incroyable, le verbe y est aussi fort et puissant que le rythme. "Le Monde de Demain"... Une anthologie du rap français à lui seul. Ce morceau prévient de la menace qui enfle et éclatera 14 ans plus tard au travers des émeutes de 2005... Musicalement, un sample tiré de Trouble Man de Marvin Gaye, remanié avec grand art par des beats de folie et Kool et Joey déroulant leur scande avec fureur et une fluidité déconcertante. La modération est ici exclue.
Enjoy, enjoy, enjoy, enjoy et enjoy again.
Peace & B wild... et n'oubliez pas de passer le spliff ;-)
Pour ceux qui ont suivi le télécrochet organisé récemment par la 1ère chaîne de télévision, The Voice, qui a vu un me-too product de Tom Jones (en nettement moins pêchu...) être porté aux nues, voici aujourd'hui de quoi renvoyer au vestiaire tous les candidats qui se sont présentés à cette émission... ainsi que leurs coaches d'ailleurs.
Surtout, ne vous fiez pas à son nom : c'est typiquement un nom de chanteuse à deux balles-pop-techno-le-temps-d'un-tube. Elle s'appelle Kimbra (je vous avais prévenus) et propose un album intitulé Vows. C'est hyper bon, hyper bien. Je pourrais m'arrêter là en considérant qu'il vaut mieux faire court et direct, mais cela m'empêcherait de vous évoquer la grande originalité musicale de cet album, tant dans ses compositions, son orchestrations, ses arythmies parfois, et surtout... cette voix ! Je me ravise : les candidats de The Voice ne sont pas au vestiaire : ils sont tapis au fond du placard en se disant qu'ils n'avaient finalement aucune raison de se présenter. Même Louis qui méritait largement, selon moi, de gagner.
Kimbra nous vient de Nouvelle-Zélande, et vient de disposer d'un joli peidestal en apportant sa voix à "Somebody That I Used To Know" de Gotye. Elle nous embarque ici à bord de sa voix pour visiter des univers musicaux qui oscillent entre féerie, grandiloquence, magie, mystère... Parfois, elle s'aide par une utilisation savante et experte du sampler, qui n'est pas sans me faire penser à Imogen Heap. J'ai un souci avec Kimbra : je ne sais pas vraiment s'il s'agît de Pop... Allez savoir.. Cette musique n'a jamais été entendue jusqu'à présent. Ça bouge. ça s'apaise, ça s'envole et ça virevolte dans une profusion sonore qui, même si elle est puissante, ne déborde jamais.
Kimbra vous épatera par sa maturité et sa maîtrise vocale. Elle vous déroutera en vous procurant de très belles sensations allant jusqu'à la mise au garde-à-vous des poils des avant-bras. Si, si. La dernière fois que me suis embrasé de la sorte, c'était pour Jo Hamilton. D'ailleurs, et ça n'a aucun rapport, Kimbra est née dans un patelin qui s'appelle Hamilton...
Foncez donc sur Kimbra et son superbe Vows !
Enjoy et, as always, Peace & B wild... Le mot "wild" a toute sa raison d'être ici.
Après avoir sorti un EP en février dernier, les bons lurons de Electric Guest nous proposent Mondo, un album avec 10 vrais morceaux de musique dedans. Tout ça est très très bien ficelé.
A mon sens, les Girls devraient aimer plus que les Boys : c'est assez sucré, mais pas trop, juste ce qu'il faut.
Il y a bien sûr le flagship, "This Head I Hold", avec son rythme sorti de la scène de l'Appolo Theatre des grandes heures de James Brown ou autre Lyn Collins. C'est un rythme qui incitera votre booty à mover de façon frénétique et amusante (c'est de la pop !). Mais ce son emprunté aux années 50/60 est merveilleusement remanié à la sauce d'aujourd'hui. Pas de nostalgie sonore ici. Que de la modernité bien placée. Plus loin dans l'album, "The Bait" virevolte encore sur cette veine, avec un accent plus pop encore.
Toujours extrait de l'EP, American Daydream vous fera chalouper doucereusement, langoureusement, et très agréablement... Oui : ça fait beaucoup d'adverbes, mais ils sont mérités.
Et mon coup de coeur sera "Amber". Une belle douceur, avec - toujours - tout ce qu'il faut de profondeur, et une très belle balance des sons electro et "classiques". De la vraie pop, quoi.
La déception de cet album réside dans un aspect purement quantitatif... et j'adresse donc un petit conseil à ceux qui connaissent ou ont déjà l'EP "This Head I Hold" dans leur discothèque : sur les 5 morceaux de l'EP de février, 4 sont repris sur le LP... Ce qui ne laisse que 6 pistes à mettre au rang de la découverte. Pour ma part, j'aurais sincèrement apprécié d'en avoir un peu plus à découvrir, surtout quand c'est bon pour les oreilles et tout le reste.
Un mien lecteur est musicien. Je suis d'ailleurs très honoré d'avoir un musicien parmi cette foule délirante et trépignant d'impatience devant fessebouc en attendant l'Apparition auréolée du Saint-Post - ooooh oui - leur annonçant la publication du nouvel article de DTLS-la page zik. Amène.
Je crois que cet homme porte le plus beau nom - ou pseudonyme - qui soit : Gilles Bel Ange. Revenons-donc à nos lucioles. Elles sont musicales.
Il y a quelques temps, ce Bel Ange vint à moi pour une Annonciation. Hopopop ! Non ! je ne porte pas en moi le Messie, ni tout autre être dont le géniteur se situerait bien au-dessus des parties ou des partis. Gabriel (je trouve que ça sonne mieux que Gilles dans ce contexte annonciateur) m'apportait la nouvelle de la sortie du 1er album du sien Groupe : Multiply est le nom de ce 1er opus, Tazieff est le nom du groupe.
Nul doute possible, c'est du rock. Electrique. Et surtout pas électronique. Je vous précise qu'afin de préserver toute objectivité, j'écris ce début de texte sans avoir lu le dossier de presse que Gilles-Gabriel m'a adressé.
Qu'entends-je alors dans mes headphones pluggés ? Des influences qui me semblent flagrantes. Certes, il s'agit d'un genre sur lequel je ne suis pas grand spécialiste, mais mes oreilles, en de nombreuses années, ont eu le temps d'écouter et d'entendre tellement de choses.... Et voilà donc qu'un mélange de Nick Cave et de Nirvana me chatouille l'enclume ; plus tard, les guitares langoureuses (mais violentes) de Muse m'émoustillent le marteau. Ce même marteau frappe alors mon tympan tendu comme une peau de tambour pour me donner les sons d'une batterie... un son comme... comme... comme quoi ? Comme "ça faisait longtemps que j'en avais pas entendu": du brut et du pur. La basse a un bon gros son lourd et bien présent. Quant aux guitares, j'ose imaginer qu'elle sont raccordées à un rack entier de pédales en tout genre, afin de sortir un son qui, rarement, redescend d'une saturation nécessaire au genre. Donc un rock Indé, appuyé par une pointe de grunge et un son simplement naturel... C'est de l'essence de rock, et leurs deux pieds pianotant sur les pédales, ça fait du bien. Beaucoup de bien par où ça passe.
Et maintenant je prends le dossier de presse pour vous parler des p'tits gars qui enjoyent nos ouïes. Il y a 4 bonshommes. Des touches-à-tout pour lesquels la musique a l'air de n'être qu'une de leurs activités :
Le bassiste vient du funk, ce qui explique une si belle présence de l'instrument, forcément... et puis tenez, il s'appelle Gilles : comme l'Ange Gabriel qui m'a informé de la sortie de la galette !
Le seul membre du groupe qui ait des bases académiques, je vous le donne en mille : c'est le batteur ! Il s'appelle Dan.
Puis il y a les deux distordeurs de sons de cordes, Romain et Christophe, les deux gratteux dont le second apporte sa voix. Continuellement, ils jouent chacun de leurs deux mains... l'un de leur pieds pianotant sur le clavier que forment les nombreuses pédales...
Le résultat est vraiment bon - le morceau-titre, Multiply, est un excellent exemple. En ces temps de musiques passées sous la moulinettes de processeurs-épurateurs industriels, il fait bon entendre et écouter quelque chose qui ne sonne pas le trafiqué en post-prod.
Mais alors, comment se procurer cet album ? Pour le moment (depuis ce matin, 16 avril 2012) et en attendant que la reconnaissance des grandes plateformes de téléchargement leur arrive, c'est chez eux qu'il faut aller, et ça se trouve là : http://tazieff.bandcamp.com/, pour 9€, vous en aurez pour vos oreilles... pour le truc grisâtre se trouvant entre vos pavillons. Pour les amoureux de support physique, il faudra attendre le mois de mai pour voir le CD. J'ose suggérer à Gilles Gabriel Bel Ange, si les moyens le permettent, quelques pressages de galettes bien noires, bien sombres, et bien jolies... C'est typiquement une musique qui supporte, à mon sens, la dureté du diamant sur la souplesse du vinyle.
Ça pourrait être un album de campagne, une galette d'hymnes à la gloire d'un mélanchonisme fervent et, tout comme le candidat du Front de gauche, il y a du talent, du grand talent... Même si, au hasard d'une des pistes, un "votez Besancenot" est perceptible... Si, si.
Attention, cette reconnaissance de talent reste exempte de toute annonce d'obédiance de ma part. Je suis là pour parler musique.
Ce groupe s'appelle Cabadzi. Ce sont 4 dingues qui développent, sur les 14 morceaux qui forment l'album "Digère et recrache", un gros son totalement inclassable, du hip hop à la sauce mélodieuse, avec des vrais morceaux d'instruments dedans, sur fond de rythmes diablement composés. Les textes - donc hyper militantes - sont scandés, décriés avec brio et sa soeur la hargne dégoutée.
Il y a du Noir Désir des belles heures là-dedans, car à la hargne s'ajoute une écriture mêlant le réalisme à une certaine poésie. En résumé, jamais vous n'avez pu entendre un tel son. La où nous avons une grande chance, c'est que ce son est vraiment bon.
Donc, en dehors de toute couleur, de tout parti-pris politique, je vous recommande cet album. A écouter fort, et violemment.
Enjoy, Peace & B wild, et n'oubliez pas vos procurations en ces périodes de vacances et de ponts qui s'annoncent.