Aujourd'hui, j'entre dans un nouveau monde, fait de drame, de gravité, de lourdeur, de joie, d'amours, de futilité, de légèreté, mais surtout, de beauté. Accrochez-vous, je joue la carte de l'éclectisme puisque nous allons pour la première fois aborder une page "classique". Si, si.
Au contraire de la musique de Bach, qui semble calculée, étudiée, réfléchie, celle de Mozart transpire la spontanéité du génie, le délirium couché sur partitions.
... Et s'il est un domaine sur lequel ce jeune fou s'est lâché corps et âme, ce sont ses opéras.
... Et s'il est une partie d'un opéra de Mozart sur laquelle on peut en avoir un concentré, c'est son ouverture : ma liste de lecture intitulée "ouvertures" est certes courte, mais fabuleuse. Elle compile le Cosi fan Tutte, Don Giovanni, la Flûte enchantée, l'Enlévement au Sérail et les Noces de Figaro : le best of du bonhomme.
Et nous voilà avec un album de Wax Tailor. Ça fait plaisir.
D'autant qu'il est construit. Très construit. C'est un conte doté d'un sombre et beau titre: The Dusty Rainbow in The Dark.
A son écoute, on s'attend presque à croiser Melody Nelson ou Marilou au détour d'un des 22 morceaux qui composent cette histoire.
En plus de cette présence gainsbourienne, il y a celle -justifiée par le genre musical de WT - de Portishead et de Morcheeba. Mais pas seulement. Et il y a aussi du Elysian Fields grâce à la présence de la douce voix de Jennifer Charles. C'est juste pour en rajouter sur la qualité de cet album, gavé de sons à la fois nouveaux et anciens.
Amoureux du trip-hop : vous atteignez ici un très haut niveau. Le DJing est au top tant dans la maîtrise technique que la recherche sonore.
C'est un concept album admirablement monté qui (et c'est quand même un peu le but) vous donnera envie de bouger votre booty, et puis les épaules, la tête, les jambes, et/ou l'imagination pour les plus nantis (!).
Antony Hegarty a encore sévi, accompagné de ses Johnsons, et de l'orchestre national du Danemark. Hopopop, la pirouette du jour : Hegarty et sa voix... Le Danemark...Copenhague... La petite sirène... Le titre de mon article...
Le titre de l'album est Cut the World. Il s'agit ici de revisiter quelques splendeurs du répertoire du trans-genre le plus incroyable qui soit. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, sachez simplement que Antony and the Johnson EST en soi un genre musical à part entière. Aussi, ce n'est pas toujours la fête, même si cette musique a de fortes chances d'inscrire un sourire larmoyant sur votre visage, à force d'émotions puissantes.
Ce "revisitage" de splendeurs, avec ce bel orchestre, est une perfection, un absolu qui magnifie encore plus les mélodies et l'envoutante voix d'Hegarty.
À un moment, je ne vais pas être gentil.
J'en ai le droit.
C’est avec une voix… assez inclassable que Bobby Womack revient à la surface après 9 années de silence.
Le titre de ce court album (47 petites minutes) est « The Bravest Man in the universe ». Je trouvais cet intitulé un peu ronfflant... mais dans le morceau titre, Bobby développe la phrase en nous moralisant un peu : "... is the one who's forgiven the first ».
Ses 68 ans révolus lui permettent haut de donner des leçons de Soul à tous. Mais il n’y a pas que l’âge : un certain talent, un sens du rythme-tout-court, du rythme des mots, et une façon de jouer avec sa voix si particulière, mais attention : cette voix pourrait en agacer certains. Je le rappelle, ce monsieur a 68 ans, et n’a pas sucé que de la glace…
Dear Ladies, soyez les bienvenues, Dear Gentlemen, soyez les bienvenus. Je vous accueille au pays des mélanges heureux.
En effet, aujourd'hui, je vous propose une moussaka carribéenne dans sa nage de sauce menthe. Parce que Lianne La Havas est anglaise : elle est née à Londres, plus exactement à Tooting (je suis même allé deux fois à Tooting, mais ça n'a aucun rapport avec la musique). Ça, c'est le côté « menthe » de notre préparation.
La moussaka est apportée par le père de Lianne, car à l'instar de Georges Michael, il est grec. Il doit, a priori être un chouia moins homosexuel, puisqu'il procréa... donc.
Enfin, le côté carribéen vient de la maman, et je pense même qu'elle va nous transformer notre plat en space moussaka, puisqu'elle est jamaïcaine…
Allez hop ! Nous allons continuer sur une belle tendance : ce nouveau son du Hip-Hop français, fait de rythmes bien sûr, d’harmonies et de textes qui ne puent pas l’appel à la violence des caves des cités, tout en s’inscrivant dans des quotidiens qui ne sont pas forcément les plus beaux ou les plus enviables.
Je les ai découverts… en écrivant… puis en étant lu. C’était l’article sur Gaël Faye et son Pili-Pili sur un Croissant au Beurre, P-H Roy a pris contact avec moi car le groupe dont il fait partie, Un Notre Parfum, est dans ce son si agréable. La preuve en est : Gaël devrait être en featuring sur l’EP qu’ils préparent pour la fin de 2012.
Pour les écouter, il y a plein de moyens : Youtube (avec la vidéo qui est plus bas), leur facebook, leur myspace, et leur site.
Si, d'aventure (ou pas), vous désirez opérer sur votre jolie face l'effet d'une monstrueuse baffe, d'une gigantesque gifle - format Lino, ou Bud (pour les esthète du cinéma rital quand il essaye de paraître amerloque), j'ai un bon plan pour vous, qui m'a été communiqué par mon ami Fred et son tumblr.
C'est de l'exta en mp3... du LSD dématérialisé... une came à nulle autre pareille... Max Cooper n'est pas un DJ et Remixeur en herbe : il maîtrise les curseurs, les potards, le beat et les sons. Une vibe incroyable. De l'essence d'Electro pure, pas coupée, mais qui reste magnifiquement raffinée. Cooper est ultra borderline, il nous place toujours sur le seuil qui sépare le Lounge du Dance Floor. Oui, c'est la meilleure place : tout en profitant du bon son, vous pouvez bouger - suavement, tranquillement - tout en admirant les trois scènes de spectacles que sont le D-floor, le Lounge et le Bar. Ce n'est plus un seuil : c'est le plus beau mirador de la galaxie avec le meilleur sound-system de l'univers qui vous délivre les sensations dont vous avez besoin...
Alors voilà. J'ai vu un nom qui m'était recommandé, et j'ai écouté et j'ai aimé.
C'est le nom qui m'a fait réagir. A une particule et une orthographe près... Il s'appelle Gaël Faye.
Ce joli nom se pose sur un joli métissage puisque il est de père français et de mére rwandaise. Jeunesse au Burundi, qu'il doit quitter à l'âge de 13 ans pour cause de... guerre. Il arrive en France, y grandit, puis se retrouve en école de commerce à Londres, qui le méne à la City oú il vêt son déguisement local, un beau costume rayé, une belle chemise et une cravate dont la sobriété est de rigueur.
Je ne vais vous parler que d'un seul et unique morceau... que j'ai déjà évoqué au post précédent.
Extrait et quasi en ouverture de Composed de Jherek Bischoff, avec son orchestre et la voix suave et dingotte de David Byrne, j’insiste sur "Eyes".
Installez-vous
: soit confortablement dans votre canapé, avec votre meilleur casque,
en fermant les yeux, soit debout au centre d'une pièce que vous aurez
pris soin d’éclaircir, de dégager car vous aurez besoin de place. Les
plus nantis profiteront d'un plateau, avec 15 bons mètres séparant Cour
et Jardin.
Maintenant, lancez la musique... vous allez accéder en 4 minutes au titre tant convoité de champion interstellaire de danse de salon.
Si
vous êtes une femme, vous êtes accompagnée d'un homme à la plastique
parfaite, il n'est pas ce qu'on appelle "gracieux" : il est totalement élégant, select et
mondain, subtil et délicat, et terriblement affirmé. Il a l'intelligence
de ne pas surjouer ses gestes et mouvements... En résumé : il est comme
vous.
A toutes celles et ceux qui aiment, apprécient, adorent, s'envolent les yeux clos, esquissant un sourire à l'écoute de quelques musiques de films, ce post devrait vous intéresser.
Mais attention : quand je parle de musique de film, je n'évoque pas ces compilations plus ou moins bonnes - ou plus ou moins mauvaises - de différents morceaux vintage piqués ça et là par un illustrateur sonore bardé d'une belle culture musicale et d'un iTunes affichant plus de 600 000 morceaux. Non. Quand je parle de musique de film, je parle de ces merveilleuses compositions faites, créées, réalisées pour illustrer une seule et unique œuvre cinématographique. Parmi ces grands auteurs citons Ennio Morricone, John Williams, Michel Legrand, Ryuishi Sakamoto, Henry Mancini... et tous ceux qui savent donner tant de force à l'image par la musique. Et, pour ces grands auteurs, quand vous les écoutez sans l'image, les yeux se ferment afin de revoir le film, ou même afin d'en inventer votre propre version : vous voici réalisateur !
Aujourd'hui, la musique de Jherek Bischoff me fait ce même effet. Il faut dire que les violons y sont pour beaucoup. Le symphonique inspire l'envolée songeresse et rêveuse.
Sur les 9 trop courtes pistes de cet album, Bischoff nous trimballe dans des ambiances... car c'est ça, la musique de film : de l'ambiance. Ce qui n'exclut en rien le rythme, la modernité, et la puissance. Bien au contraire
Tout d'abord, un grand merci à RL. Vous savez, c'est mon ami (sur FB, et surtout dans la vie) pour lequel je m'étais amusé à mettre en doute la solidité d'une amitié au sujet de divergences d'avis musicaux, qui s'avérèrent être des convergences au final. C'était au sujet de SuperHeavy, un désastreux gâchis marketing sous la forme d'un album nul... C'est là.
RL est donc, et bien sûr, resté mon ami, et hier, savourant le trafic entre la Porte d'Issy et celle de Champeret, il me fit écouter quelquechose dont j'avais entendu parler, mais qui ne me tentait - mais alors pas du tout !
Faut-il qu'une artiste anglo-saxone ait subi un épouvantable traumatisme dans son enfance pour qu'elle ait un talent fou et déborde de créativité, d'émotion, de sensibilité ?
Dans la lignée délirante et brûlante de Tori Amos, voici Madame Pomme, madame Apple, Fiona Apple. Mon premier paragraphe fait référence à une même horreur vécue par ces deux créatrices : le viol. Ells se démarquent considérablement des productions actuelles, et ont, à mon sens, une puissance d'expression égale, chacune sur son registre exclusif.
Fiona Apple sort un incroyable album au titre dont même l'acronyme reste trop long, c'est là son seul défaut. Essayons l'acronyme : TIWIWTTDOTSAWCWSYMTRWED. C'est en effet un peu dur à mémoriser, à moins d'avoir un Mastère en mnémotechnique. J'arrête ici mes digressions pour parler sérieusement d'un album qui mérite qu'on l'écoute.
S'il vous plait, ne les appelez pas "citouci", mais simplement "cédeucé", ça me ferait plaisir. Car d'une part, ils sont 4 français, et d'autre part la légende raconte que C2C est l'acronyme de Coups de Cross. Alors, bon, s'il vous plaît.
Même si ces 4 gars sortent leur 1er album numérique, qui d'ailleurs n'est qu'un EP de 6 excellemts titres, ils ont déjà quelques albums vinyles a leur actif car, au contraire d'un David Guetta qui "mixe les bras en l'air" des pistes 100%numérisées (et déjà mixées...) ces messieurs travaillent cette matière noire et noble : ils sont DJ's. Pardon... Ils sont plusieurs fois champions du monde de mix, que ce soit en équipe ou individuellement. Deux d'entre eux font partie de Hocus Pocus, les 2 autres mettent leur talent au service de Beat Torrent.
Oh ! La belle bleue ! C'est en gros ce que l'on pourrait dire de cette musique si elle devait être perçue par les yeux : un vrai feu d'artifices, une suite d'explosions de sons, plaqués pour la plupart afin d'occuper l'intégralité du spectre auditif à tous les instants, mais attention : sans saturation.
Man Without Country, avec leur album Foe nous emportent en voyages. Un voyage temporel d'abord, au cœur des années 90 et du beau label 4AD. Nous sommes dans une veine nourrie d'alternatif, d'électronique, des basses sorties tout droit d'une new wave sombre... Le gothique flamboyant, mais avec quelques arcades romanes histoire d'apporter un peu de rigueur passéiste à ceux qui voudraient considérer que ces sons tiennent de la fioriture décorative. Les origines galloises du duo sont, de fait, pour beaucoup dans ces sonorités.
Ensuite, il y a un voyage qui sera… le vôtre. Fermant les yeux, accompagné ou non de volutes aussi décontractantes qu'illégales, vous embarquez à bord d'un vaisseau qui vous emmènera dans les contrées les plus reculées, vierges de tout regard, puisque c'est celui de votre âme qui se posera en premier dessus… (oui, je me lâche un peu...)
Man Without Country ressemble à un revival, un heureux revival, savamment mis à la sauce 2012, les technologies aidant, et un souci du détail ayant dirigé ce très beau travail.
Je vous le conseille, comme mon ami Fred me l'a conseillé (thanx mate!).
Et puis, comme c'est Noël, à 6 mois près, je vous colle 2 videos : "Puppets", extrait de l'album évoqué ici, et "All is Full Of Love", une belle cover du morceau de la trublione de Reykjavik, Björk. Cette reprise n'est pas dans l'album.
Je ne sais pas pourquoi, mais samedi, j'ai eu une pulsion. Il fallait que je me remette du NTM dans les ouïes.
Je l'avoue, aux toutes premières heures de Suprême NTM - car n'oublions pas le vrai nom political correct du groupe - je n'ai pas vraiment adhéré. C'est avec "1993 J'Appuye sur la Gachette" que j'ai senti la vibe. La putain de vibe...
Hier, donc, je me suis donné comme mission de réécouter les 4 albums qui constituent la fulgurante ascension de ce collectif mené - s'il est besoin de le rappeler - par Kool Shen et Joey Starr. En fait, je voulais savoir si leur musique qui a en gros 20 ans d'âge avait pris des rides, ou même si elle était devenue has-been.
... Oh la vache... C'est la claque du siècle. J'habite St Denis - neuf cube - terre nourrissière de NTM, et depuis 10 ans que j'y vis, mes moments de piéton sont souvent animés par le rythme sourd qui sort des voitures, toutes fenêtres ouvertes, laissant hurler à la rue l'évident rap de la dernière heure. Je vous l'affirme, ce rap là oscille entre médiocrité et nullité. Il est mauvais copieur, bas de gamme, et à ranger dans les rayons à côté de l'after shave Mennen dont s'aspergent quotidiennement ses auditeurs.
Revenons à NTM : non seulement leur son est toujours d'actualité, mais surtout, il reste inégalé et, je me permets de le dire - inégalable, pour la simple et bonne raison qu'ils ne sont jamais dans la caricature du rap after shave évoqué plus haut. Leur musique, leur scande est vécu. Ils ont même un humour incroyable. Pour ce qui est autour, les rythmes, les samples, le mix, l'orchestration et la mise en scène de tous ces ingrédients, c'est un zéro faute. Tout est bon dans NTM, et je ne sais même pas si c'est Hallal.
En gros, si j'ai un reproche à leur faire, c'est d'avoir grillé toutes les cartouches du rap français, sans laisser la place à quiconque derrière pour apporter quelque chose. De telle sorte qu'aujourd'hui, ne restent plus que des suiveurs, copieurs de bas-étages. Une exception tout de même, Cabadzi. Mais ça n'est presque plus du rap...
Cet article est lá, quand même, pour vous inciter à vous replonger, en apnée jamais juvénile, dans les 4 albums qui firent l'histoire de NTM, ou de Suprême NTM (à vous de choisir). S'il y a la hargne et la haine inhérentes au rap, au hip-hop, ces albums sont fait d'une multiplicité de maîtrise d'oeuvre et de créativité : un groove qui vous prend aux tripes, des samples dont la qualité n'a d'égale que celle de celui qui les mixe, et puis... Et puis... Cette fluidité vocale, toujours articulée, cette verve, ce scande...
Et puis, il y a ce doute... quand on écoute NTM, on ne sais plus trop si on va suivre le rythme parfois langoureux du beat, ou la Suprême excitation d'un rap ravageur...
NTM est magique. Ils n'ont pas pris une ride. Ils ont tout compris - à quelques exceptions près - au hip-hop, et ont su traduire cette culture à la sauce française par le poste de douane de Saint-Denis.
Écoutez-les. Vous bougerez, vous grooverez, vous sourirez, vous vous marrerez, vous vous poserez des questions et puis, surtout, vous écouterez un son unique, diablement bon. L'album "Authentik", premier opus du groupe, est déjà marqué d'une maîtrise incroyable, le verbe y est aussi fort et puissant que le rythme. "Le Monde de Demain"... Une anthologie du rap français à lui seul. Ce morceau prévient de la menace qui enfle et éclatera 14 ans plus tard au travers des émeutes de 2005... Musicalement, un sample tiré de Trouble Man de Marvin Gaye, remanié avec grand art par des beats de folie et Kool et Joey déroulant leur scande avec fureur et une fluidité déconcertante. La modération est ici exclue.
Enjoy, enjoy, enjoy, enjoy et enjoy again.
Peace & B wild... et n'oubliez pas de passer le spliff ;-)