mardi 17 mai 2011

Oh ! La belle pochette !

Légèreté. C'est le maître-mot de Listen to Your Leader, dernier album de Neo Retros. Je m'interroge encore sur la terminologie : légèreté ou pauvreté ?
Nous sommes complètement dans le domaine de la pop, on frise même (en la touchant tout de même) la Pop-de-Pub. J'en veux pour preuve le 2ème morceau (the Loudness of Silence) et son gimmick sifflé comme si nous étions dans une pub de banque de djeun's.

Soyons honnêtes : ça se laisse écouter, gentiment, tranquillement... trop tranquillement !

Même si c'est bien fait, bien réalisé avec des professionnels de la profession et tout et tout... pour rester correct je dirais que vous risquez de vous "embêter". Et pour reprendre une expression empruntée aux gens de la communication, je dirais qu'il ne présente "aucune aspérité".
Pour la faire courte, ce n'est pas un album que vous ressortirez dans 3 ans (et encore moins dans 20 ans) en disant "tiens, je vais te faire écouter un truc super".

En l'écoutant (car, oui, j'écoute tout ce dont je vous parle !) j'ai en fait l'impression d'être sur une route lisse, droite, et plate... C'est bien agréable. Sauf qu'on n'a pas la Monument Valley de part et d'autre de la route. Même (ou surtout) en fermant les yeux. C'est bête.

Ooops ! Il y a juste ce petit gravier sur la route : "Domino Effect" qui a une belle structure, une histoire, et une bonne balance...

Mais, libre à vous de l'essayer, cet album. Il a le mérite d'être TRÈS régulier dans son manque de surprise. Et, nos pauvres Neo Retros, même quand ils s'essayent á faire un peu de son rock (oulala !!!!) sur Choices Chosen, nous font pénétrer le monde du tristement pitoyable...
Un mot sympa quand même : une bien belle pochette.

Enfin, je me rends compte que s'appeler "Neo Retros", c'est quand même un indice...

Allez, Enjoy plein d'autres choses,

Peace & B wild

lundi 16 mai 2011

Le silence de l'agneau

Les fêtes de Pâques sont maintenant derrière nous, Benito el Seizo a même eu le temps, depuis, de béatifier son prédécesseur qui, rappelons-le, reste un des grands poulidor papaux puisqu'il n'est arrivé que 2ème... Mais je m'éloigne de mon propos : à Pâques, outre les urbi-et-orbi-sont-dans-un-bateau, les cloches, les oeufs et la crise de foie (de foi ?) Qui va avec, il y a au centre du plat de flageolets l'agneau, et ça tombe bien, puisque le groupe dont je veux vous parler s'appelle Lamb. Il nous a sorti un album plutôt bien.
C'est bien vocal, bien electro, avec comme un backdraft de new wave enveloppé d'indé', avec un nappage de trip-hop. C'est bon, ça me fait un peu penser aux belles années 4AD, et quelques unes des signatures d'une époque qui ne rajeunira personne, mais ceci n'est pas dans les objectifs affirmés de ces pages, si ce n'est que, à mon humble avis, si les voyages forment la jeunesse, la musique la garde... Car passé un certain âge, le quidam ne peut s'empêcher, à l'écoute d'une nouveauté, de lui coller les inspirations passées. Je ne peux échapper à la règle. Nous recherchons, en toute sensation, celles que nous avons pu avoir. L'inconnu fait peur non seulement avant, mais au moment même de la découverte. Sauf quand on est en pleine floraison de sa jeunesse !
Sur ces considérations que je vais m'empresser de coller sous l'onglet "considerations" de ce blog, revenons à nos moutons. Non, à nos agneaux. L'album s'intitule "5", comme "cinq", "five, "fünf", "Cinqo"... Enfin, vous m'avez compris. 11 (onze, eleven, j'arrête là) morceaux le composent, tous issus d'une très belle production. Un beau travail d'artiste, et une réelle régularité sonore, une cohérence tout au long de la lecture.
Le quidam remarquera Strong the Root, d'où fusent de partout des sons fabuleux, un véritable test d'orientation auditive. J'aime bien quand la musique me fait tourner la tête pour voir ce qui vient de se passer là, juste derrière sur la droite. Je vous rassure, on s'y fait vite, évitant ainsi le douloureux claquage du col. Ouille.
Mais ce morceau ne doit pas effacer les 10 autres, qui comportent tous une puissance dans la variété des sons, et une certaine maestria dans l'art du mixage.
Alors, oui, si vous êtes amateur de son, de mélodies, je vous conseille et vous recommande "5", par Lamb.
Attention, toutefois : ceci est tout sauf de la pop. Mais si vous avez lu jusqu'ici, il est à parier que vous l'aurez compris

Enjoy, please,

Peace & B wild.

vendredi 13 mai 2011

Le renard bio est arrivé.

Que penser de Helplessness Blues, album des Fleet Foxes ?

Les premiers sons vous calent directement dans une ambiance soixante-huitarde un peu bon-enfant, sous les douces mélodies de Simon & Garfunkel. Et finalement, il n'y a pas que les premiers sons : il ne fait aucun doute que les Fleet Foxes ont une inspiration profondément ancrée dans cette culture Folk aux accents libertaires, sans hargne aucune. On s'attend parfois à voir - pour le plaisir - Mrs Robinson débarquer entre deux morceaux. Ceci pour dire que, si vous ne danserez pas sur ce morceau - sauf peut-être avec les membres de votre communauté (Jean-Phi, je te prends ta femme ce soir, sers-toi auprès de mes filles si tu veux) - vous passerez de bons moments à l'écoute de cet album que je qualifierais de "bio".


Oui, c'est une musique naturelle, sans additif, sans paraben, ni conservateur. 


... Et là, je réalise à quel point il y a un marketing du "sans" maintenant. Si le "sans sucre", les "sans colorants" ont débuté une nouvelle ère de consommation il y a 25 ans, nous sommes maintenant noyés sous les offres commerciales d'exclusion. "Sans phtalates" (vous me direz, c'est maintenant dans la loi, mais ça va quand même devenir un argument de vente...), "sans paraben", "sans émanation de monoxyde de carbone"... ou tout autre saloperie qui nous cassent la fertilité en deux ou qui la poussent à engendrer des mutants ; on vous garantit une inscription à un site sans spams ; on vous offre des inscriptions sans frais ; on vous fait bénéficier d'essais sans engagement... Il faut quand même se rendre compte que le "sans", au final, se paye cher... et même doublement cher : notre santé va payer cher d'en avoir ingurgité, respiré, touché, expiré durant des décennies, et notre compte en banque va payer cher ces offres très marketées, car en gros, plus on vous dit qu'il n'y en a pas, plus il faut payer.
Et je fais le parallèle inversé avec la phrase de Coluche : plus y'a d'gruyère, plus y'a d'trous. Or, plus y'a d'trous, moins y'a d'gruyère, donc, logiquement et en résumé, plus y'a d'gruyère, moins y'a d'gruyère. Les offres "sans" me font penser à ce type de logiques affreuses. Ou, c'est comme sur les voitures de luxe sur lesquelles il fallait payer pour que l'intitulé du modèle en lettres généralement chromées ne soit pas riveté au cul de la bagnole. Au final, il était devenu facile de reconnaître les modèles "encore plus chers" en regardant le cul des bagnoles qui était désespérément nu. Non. Ils n'ont pas proposé ça sur la R19. C'était plutôt chez Mercos', BM', et d'autres marques poussant à l'arrivisme.

Bon, revenons à nos lucioles...

Les Fleet Foxes... Si vous aimez Simon & Garf', oui, foncez ! Mais attention : si vous aimez Paul Simon tout seul, sans connaître Garfunkel, ça n'a RIEN À VOIR ! Pour ceux qui ne connaissent ni Si'&Garf, ni Paul Simon, ni Telefunken d'ailleurs*, je n'ai qu'un conseil : écoutez Fleet Foxes, c'est plutôt agréable dans le salon, et dans la communauté dans laquelle on s'aime tous.


Enjoy, 

Peace & B wild

*... ne connaissant pas la production de Garfunkel, je préfère citer une marque que je connais au moins un peu.

jeudi 12 mai 2011

"En avril, mets ta canadienne"

K.D. Lang n'est pas, à la base, ma tasse de thé (je ne bois pas de thé, d'ailleurs...). Mais je me devais, quand même de l'écouter, et de vous en parler, parce que, quand même... C'est K.D. Lang (avec ici The Siss Boom Bang).

Sing It Loud (sorti il y a près d'un mois), fort de ses 13 titres, impose un certain respect. D'abord,  la voix reste intacte, car malgré tout, mises en rang d'oignon, les années de carrières sont à ce jour 27 en tout. Mais cet album mérite - heureusement ! - le respect sur autre chose que la déjà longue carrière de l’intéressée : la qualité. C'est nickel.

K.D.L ne change pas de registre. Un mélange de Folk, de Rock et de Country. Le tout servi à la sauce au sirop d'érable avec une pointe de graisse de caribou. 

Cette musique est comme son auteur : androgyne. On ne sait plus trop où on se trouve, mais c'est chouette. Une chose est certaine, K.D.L. Est profondément ancrée dans le patrimoine culturel nord américain. C'est une musique d'abord blanche. Non pas que la canadienne soit raciste (ses combats l'exonèrent de tout racisme, du moins je l'espère), mais l'essence country reste quand même très présente. Elle est étonnante quand même cette fille, car c'est sur un terrain musical hyper conservateur qu'elle mène ses combats... Et à chaque fois, elle réussit à gagner en reconnaissance. Je lui tire un de mes chapeaux. 

Mais comme je l'ai indiqué au début, K.D.L. n'est pas ma tasse de thé, et elle reste fidèle à un genre sur lequel elle fait de belle choses pour ceux qui savent les apprévier, alors :

Pour ceux qui l'aimaient : enjoy, et pour les autres, passez votre chemin.

Peace & B Wild.

mercredi 11 mai 2011

Angus n'est plus très jeune...

C'est sur le tard que je vais parler de ce couple qui n'en est pas un, puisqu'ils sont frère et soeur.
Angus & Julia Stone.

Mes mots font suite à une sortie d'album... à répétition : la 1ère sortie était á fin 2010, en même temps, la version deluxe, puis re-version normale (si, si!) et, enfin une version accompagnée d'un Live en avril dernier (et je ne parlerai même pas de celle-là !). L'album en question s'intitule Down The Way. Le Frérot et la soeurette sont en tout cas bien entourés, puisque cette dernière version tombe pile-poil au moment de leur tournée européenne
Mais peut-être sommes-nous ici, en Vieille-Europe, victimes d'un jet-lag, puisque les Stone sont venus à dos de kangourou depuis Sidney. Mais je ne crois honnêtement pas à ce genre d'effet de retard, à l'heure de l'immédiateté des plateformes mondiales du type iTunes...
Alors, de quoi s'agit-il ?
Angus est tout d'abord un prénom qui a réveillé en moi mes anciennes poussées acnéiques, car le mot "angus" est dans mon esprit inévitablement lié au mot "young". Si : Angus Young, le gratteux en culotte courte de AC/DC... Nous restons donc un peu en Australie... A l'époque de mon acnée, je détestais. Depuis, quelques centaines de milliards d'hectolitres d'eau sont passées sous le pont Mirabeau, et j'apprécie maintenant la douceur hurlante de quelques riffs mais surtout la virtuosité et le personnage du faux-school-boy hard-rockeux qui a si largement participé à la construction de l'image du groupe.
Mais revenons à Angus & Julia STONE, car je l'avoue, leur univers musical est des plus éloignés de celui de Young...
Angus & Julia font de la musique. Et celle-ci est plutôt bonne. Je la classerais dans "pop-folk", et aussi dans "Pop De Pub" (PDP), car beaucoup des chansons ici présentées peuvent ou pourraient être collées à des films pub d'Orange, d'Apple, ou tout autre marque ayant un discours tellement universaliste qu'il en perd toute saveur.
Aparté : Monsieur ou Madame Orange, je me fiche vous, en revanche, Monsieur ou Madame Apple : il faudrait commencer à arrêter de vous foutre de votre fond de commerce : ceux qui vous aiment tout court, ceux qui vous aiment beaucoup, ou ceux qui vous aiment pas mal... Le discours universaliste devient pénible. Quant au discours d'exclusion... C'est de l'incitation à haine.
Je ne sais pas si je vais être capable de vous parler de cet album... Bon, je m'y colle. C'est promis.
Si c'est de la "Pop de pub", c'est que c'est bien fait. C'est même très bien fait. Une production irréprochable, de belles harmonies, les voix sont belles (merci Julia !)... Mais... Mais... Il y a un mais.
Mais dites-donc ! Ils pourraient pas sourire un peu, Angus et sa frangine ? Oui, parce que le ton est plutôt dans l'ultra mélancolie... Celle-ci n'est pas suicidaire, mais c'est vraiment pas entrainant, ni à la fête... Je trouve que Julia & son Frangin devraient passer une soirée avec True Live. Ils sont voisins, ou presque.
En résumé de cet article :
- oui, maintenant je sais apprécier du AC/DC
- Angus & Julia Stone, c'est pas mal. Je n'ai pas vibré, mais c'est pas mal... Je n'ai aucune raison de dire que ce n'est pas bien. Un point c'est tout.
En fait, à l'heure d'une telle profusion artistique sur toutes les muses, les éxigences de chacun ont des raisons d'être sévèrement affutées. Mais j'ai quand même un morceau à vous recommander. C'est un bon petit reggae : All The Colours, 3ème morceau de la 2ème galette de la version Deluxe. Voilà. La messe est dite.

Enjoy... Maybe,

Peace & B wild.

mardi 10 mai 2011

Snoopy cherche-t-il une nouvelle niche ?

Doggumentary, le nouvel album de Snoop Dogg, contient généreusement 22 titres et, comme toujours, une foule de collaborations.
Mais ici, Snoop Dogg étonne son publc car cet opus se positionne délibérément en marge de tout ce qu'il a fait jusqu'à maintenant.

En effet, il avait habitué son public à un profond ancrage dans la Pimp-attitude, ultra-myso, tenant haut et fort son titre d'empereur local du mauvais goût : dégoulinades de dorures new-rich sur faux ancien (admirez le fauteuil - façpn méthode Cauet - sur la cover...), de fourrures, de bagnoles de 16 mètres de long, de costards blancs, et de bagouses de 300 grammes... Le tout servi sur fond de rap hyper masculin, sans jamais être hargneux. Oui, il y a vraiment du Huggy-les-bons-tuyaux en lui. L'univers de Snoop n'est pas le bling-bling : c'est le blang-blangdu gang-bang, car l'imagerie du porno reste ici de rigueur.
Et le voici donc s'aventurant sur des terres inconnues, au fil de collaborations... parfois lunaires, jugez plutôt :

  • Une apparition de Willie Nelson sur "Superman". Si, si ! Ce papy-tranquille de la Country-Folk, avec ses nattes indiennes ! Le Chantre des Red-Necks s'en va séduire un des maîtres de l'affirmation idenditaire black ! Qui aurait pu croire une telle alliance ?
  • John Legend est aussi présent sur Eyez Closed, et partage la collaboration avec Kayne West... Oui, tout ça est lunaire !
  • Au rayon compromission, l'improbable "versus" qui oppose Snoop à... David Guetta. C'est sur "Wet", puis "Sweat". Je vous rassure (?), c'est le même morceau... Avec juste une différence toute snoopienne de vouloir faire transpirer sur "Sweat", et de vouloir faire mouiller sur "Wet"... Oui, ici Snoop garde une grande subtilité doublée d'une majestueuse élégance!... Quoiqu"il en soit, ce wet/sweat est quand même la grande fausse note de Snoop. La mouche dans le lait (mais, Ne Nous Fâchons Pas...). C'est un mix de Dance qui porte notre "tranquille" Snoop aux portes des Black Eyed Peas, sauce Nouvelle Mouture : voix vocodée/malaxée, et beat de club (c'est mieux que l'inverse).... Il eut été préférable que ces deux morceaux soient inscrits sur une compile de Guetta, et oubliés ici.
  • Gorillaz ! Si, si. La formation emmène notre petit chien dans le monde de l'electro. Le résultat interpelle, oui, mais reste excellent. 
Ça, c'est pour le rayon "je ne comprends plus rien"... Mais rassurez-vous, ces collaborations apportent  un bon son ! j'ai seulement peur que Snoop, à dessein de renouer avec les ventes records, ait décidé d'étendre son champ d'action musical vers des univers parfois trop éloignés.

Il y a tout de même une collaboration qui, bien qu'elle ne soit pas issue de la scène rap, reste totalement légitime, c'est celle de Bootsie Collins. Le Mister Bling-Bling de la Funk intervient ici à deux reprises, avec sa voix douce, et nonchalante... La même nonchalance que celle de Snoop. Et puis, en autre point commun, il y a l'univers des 2 artistes : Snoop et Bootsie se partagent les filles qui forment leur indispensable faire-valoir. Ces icônes black aux seins exubérants, moulées dans leurs shorties d'où sortent deux guiboles de 1,14 mètre au bout desquelles, omniprésentes, leurs platform-shoes leur servent de base pour exercer leurs perturbants mouvements ondulatoires faisant défiler les uns à la suite des autres les cuisses, culs, bassins, abdomens, paires-de-seins et épaules... et inversement. Et tout ça sans jamais renverser une seule goutte de champagne... Oui, ce sont les mêmes Girls chez Bootsie et chez Snoop. Indistutablement.

J'espère en tout cas que mes étonnements ne seront pas ressentis par certains (ses proches) comme des trahisons, car sachant la qualité du petit monde qui gravite autour de Snoop, il pourrait se retrouver - le pauvre - avec quelques bastos logées dans le buffet de façon définitive.

En résumé, Snoop nous fait ici une livraison étonnante. Très bonne musicalement, mais le bonhomme s'assagit. D'un côté, c'est bien... Mais bon, il y a comme une part de son personnage qui s'efface...

Il y a de la découverte, forcément, alors : enjoy !

Peace & B Wild.

lundi 9 mai 2011

Pour les filles, 15-24, chef de foyer CSP++, Paris Centre, et Ouest.

Avec un buzz exclusivement réalisé au travers de canaux bien délimités (Cosmo, Elle, Glamour, Mme Fig'...), Les Chanteuses ont sorti leur album le 9 mai.
C'est un album pour les copines, préférablement délurées, filles à papa, et qui sont en phase transitoire : elles vont bientôt arrêter les soirées de rallyes parisiens (mais vont déjà en boîte, quand même !), et sont en passe de devenir des habituées de chez Castel. L'auditrice idéale de cet album passe ses vacances entre St Barth, le Cap Ferret, Val d'Isère, et éventuellement le château familal pour l'Ascension. Elle circule dans la "vieille Smart" que maman lui a refilée pour ses dix-huit ans, elle passe sa semaine à organiser ses soirées de semaine et de week-end, et assume depuis peu son indépendance après avoir claqué la porte du 320m² de papa-maman et en s'étant installée dans le petit appart de 75m² que ces derniers ont acheté avec le bouclier fiscal. Attention ! Cette jeune fille travaille ! Elle est promise à un grand avenir dans le monde de la tendance grâce au 1er job qu'elle a décroché avec brio dans l'agence de RP que dirige son parrain entre deux parties de golf. Elle y est au 3/5èmes, car sans ça, elle n'a pas le temps de tout faire (Roland Garros suit directement le festival de Cannes...).
... je ne sais pas si je fais une description exacte de la cible visée par Pantène, marque discrètement partenaire du groupe.

Maintenant que nous savons qui elle est, cette "écouteuse" des Chanteuses, intéressons-nous - car c'est l'objet, non ? - à ces deux demoiselles tout aussi délurées.

Elles s'appellent Victoria Olloqui et Priscilla de Laforcade. La blonde-et-aristocrate est une amie de Frédéric Beigbeder.  Rien d'étonnant que Octavo Parango (pseudo de Beigbeder dans 99 francs) ait signé le texte de "Secoue ta tête". Tout ceci positionne socialement le groupe. Leur musique est, certes, produite avec plein de bons professionnels autour, mais je m'interroge réellement sur la façon dont elles ont pu décrocher la signature chez AZ : le principal talent de ces jeunes filles réside dans un physique des plus réussis... et des plus exploités quand on observe l'iconographie qui fabrique ces personnages. Nous n'avons pas fini de voir la Priscilla, puisqu'elle est targuée de "multi-talentueuse" avec des apparitions au titre d'actrice dans des génériques de productions TV et cinéma... Pour cet album, à mon sens, le principal intérêt est sa cover, avec une bien belle photo. Les textes, eux, sont à la chanson française ce que Tricatel est à la Haute Gastrtonomie. C'est un étalage d'états d'âme de notre écouteuse-type, de la déblatération de shoppeuses de la rue du faubourg St Honoré.

Les Chanteuses affirment être... chanteuses, et c'est raté. Oui : elles poussent la chansonnette. Se donner ainsi le titre de "chanteuses" me paraît être des plus présomptueux.

Certains et certaines vont trouver cet album marrant, pêchu... mais pour ma part, je souhaite que son titre - "Dernier Album" - soit à traduire en anglais comme "last", et non pas comme "latest". 

Et je me rends compte que j'en écris beaucoup trop.

Enjoy la pochette.

Peace & B Wild.

samedi 7 mai 2011

Legoland

La vague musicale nordique continue... Et c'est le Danemark qui est une fois de plus représenté.  L'une après l'autre, le pays du Légo nous apporte ses petites briques musicales. Faisant suite à l'énorme succès rencontré - à juste titre - par Agnès Obel en 2010, Copenhague envoie  Hannah Schneider.

Hannah Schneider nous propose un album collaboratif des plus complets dans ses orchestrations, ses accompagnements et ses arrangements qui appuient des mélodies des plus agréables à entendre et à écouter. Ces mélodies sont aussi emportées par des voix qui ont toutes en commun la douceur. Car ici, la brutalité n'a pas sa place : nous sommes au pays de Hannah.
Aux côtés de Hannah, si ce ne sont pas ses soeurs ("et caetera, et caetera...", souvenez-vous...Yul Brynner...), ce sont des cousines vocales.

Je vous conseille cet album, qui saura vous surprendre. Pour les amoureux des voix féminines, le bonheur est dans la galette. Je n'ai pas eu la même émotion qu'avec Jo Hamilton, mais je dirais que ces deux là travaillent - bien - sur le même terrain. C'est pour dire !

Enjoy.

Peace & B wild.

vendredi 6 mai 2011

Paul et Mick.

Non, non, non. McCartney et Jagger ne sortent pas un album de duos. Il s'agit juste d'un brin de lourdeur. Désolé.
En fait, au lieu de Paul et Mick, il paraît qu'il y a une polémique au sujet du 1er album de Jérôme Van Den Hole. D'accord : il a un prénom ravissant, et - personne ne peut l'en blâmer - un nom à dormir debout. Et ça tombe bien, car une des chansons s'appelle "debout", avec le beau renfort de Camille.
Le nom de l'album est, comme le veut la récente tradition de truffer à tout bout de champs les articles et discours de mots qui ne puissent être compris que d'un certain cercle... Que disais-je ? Ah oui : le nom de l'album est, donc, éponyme, et il n'est pourtant pas misérable. Loin de là.

Revenons sur la polémique de Jérôme VDH:
- certains accueillent cet album avec joie, plébiscitant un talent, une créativité, et une belle recherche
- d'autres s'insurgent sur un côté "foutage de gueule". Car Jérôme a un air insolent dans sa façon de nous présenter, de chanter ses créations.
Dans quel camp vais-je me ranger ?
Attendu que le prévenu - oui - fait preuve d'un air parfois nonchalant qui déplait à certains, nous noterons toutefois qu'il a le bon goût de ne pas forcer le foutage de gueule jusqu'à nous pondre des choses de mauvais goût, comme le fait si bien Philippe Katerine. En voilà un qui, pourtant capable de faire de belles et bonnes chose (il en a toutes les ressources), nous accable les oreilles de mauvais goût et ce, de façon permanente, arguant que c'est de l'art populaire. Fervent acteur du nivellement par le bas, donc, Katerine a toutefois - par mégarde ? - laissé échapper une perle de création, certes minimaliste, mais révélant justement ses réelles capacités. J'évoque ici la "musique d'ordinateur", fabuleuse exploitation des 4 notes d'ouverture des sessions de MS Windows®. Bon, ça, c'était mon petit coup d'énervement sur Katerine... Mais revenons à VDH.

Donc, dans quel camp me situé-je ? Peut-être vous en doutez-vous déjà, mais je le recommande vivement. Très vivement ! Une belle pêche musicale - oui, cet album est baigné de musicalité - et des textes qui, enfin ! nous sortent de cette (devenue ?) pénible "scène française", cousue de fil blanc, et d'historiettes tirées d'un quotidien finalement très branchouille et totalement dénué d'intérêt, sans oublier l'indispensable pointe d'accordéon pour faire comme si on était d'la rue... Bon, pour les cinéphiles, vous l'aurez compris, je déteste les histoires dépeintes par Yves Boisset... Et donc oui, Mr Bénabar, je te case en porte-drapeau d'un mouvement qui me fatigue les oreilles et l'esprit. J'ose entacher à nouveau mes pages par l'évocation d'une mal-primée de ce mouvement musical.  Zaz - Ô mon dieu ! - qui surfe sur un seul rythme et 3 accords... C'est terrifiant... Et ça, c'était mon petit coup d'énervement sur la "nouvelle" scène française... Mais revenons encore à VDH.

Pour la faire courte, il se situe, à quelques degrés près, aux antipodes de cette scène, éculée depuis son apparition, Jérôme est ici soutenu par une belle production, des arrangements bien ficelés, et une pointe d'humour qui, au contraire de Katerine, le fait parfois verser sur la Variété, avec un petit sourire en coin, et un talent fou perceptible à chaque moment. Et avec Jérôme (c'est vraiment beau ce prénom, tant qu'il n'y a pas "C' devant...), le mot "variété" est à prendre dans son sens positif, et presque noble, n'en déplaise à feu C Jérôme.
La dernière fois qu'un nouvel artiste français m'a interpelé de cette façon, c'était il y a un an. Pile poil. Arnaud Fleurant-Didier. Oui, le style n'a rien à voir, mais voilà : j'ai été positivement interpelé. Je pense que c'est la musicalité alliée à la nature des textes - tellement différents de ce qui se fait "on ze french scene" - qui m'ont ému.
Emeuvez-vous aussi : écoutez, téléchargez, streamez, achetez Jérôme Van Den Hole. Ne serait-ce que pour la beauté suprême de son prénom. Nan... Là, j'plaisante...

Enjoy, enjoy again,

Et surtout : Peace & B wild.

jeudi 5 mai 2011

Un monde de douceur.

Spellbound, le nouvel album de Jay-Jay Johanson vient de sortir, et dénote complétement des exercices très alternatifs - sortis de nulle part ! - qui l'avaient fait connaître il y a déjà 14 ans.

Ici, maintenant, Jay-Jay est rentré dans une école faite de plus d'académies, et dans laquelle le jazz-crooner est la matière principale. Et il faut dire qu'il peut vraiment se permettre d'intégrer cette académie-là qui met totalement en valeur sa voix.
Il y a du Chet Baker dans cet organe. La même douceur, mais se permettant des octaves supérieures au gré des mélodies.

On notera une sublime reprise de Suicide is Painless, magnifique composition (Johnny Mandel) qui accompagna il y a 40 ans le film M*A*S*H. Au sujet de cette chanson, il faut féliciter les auteurs pour avoir su trouver un titre qui soit tellement à l'opposé de la ballade qui est composée. Le décalage est total, et parfait. Johanson réussit ici un exercice difficile, toute la sensibilité de la chanson est présente, quelques hélicos et la caisse claire - savamment roulée - rappellent le passé para-miitaire de cette merveille.

L'autre académie qui régit l'école de Jay-Jay : la Folk. Et c'est en fait un doux mélange de folk et de jazz qui nous est servi sur ces 11 + 12 pistes. La 2éme galette étant 100%acoustique.

Cette album ne vous mettra pas à la fête, il est en dehors de toute exhubérance, mais est très agréable à l'écoute, une très belle orchestration habillant ces chansons. Oui : c'est un album de chansons.

Une petite déception toutefois - vous me direz, elle reste mineure - car à la lecture de la liste des chansons, quand j'ai vu "Blind", je me suis attendu à une reprise décalée de son homonyme interprété par Hercule & Love Affair dans laquelle officie Monsieur Antony Hegarty, mieux connu pour son groupe/projet Antony and the Johnsons. Mais le "Blind" de Jay-Jay n'a rien à voir...

Donc, je vous conseille ce moment musical qui accompagnera à merveilles des instants de repos, de décontraction et d'apaisement.

Enjoy.

Peace & B Wild

mercredi 4 mai 2011

Bashunghommage.

"Tels Alain Bashung" est le résultat d'une volonté bien louable, celle de nous rappeler qui était Bashung, et en ce qui me concerne, je vous livrerai la principale qualité de cet album un peu plus bas...
Il s'agit donc d'une compilation de reprises de la part d'artistes français, en hommage à Monsieur Alain Bashung qui, nous le savons tous, manque terriblement au paysage musical de notre doux pays. Pour les artistes participant à un tel projet, la tâche est difficile. Très difficile. Il n'est pas donné à n'importe qui de reprendre les textes hallucinants de ce gentleman. D'une discrétion à toute épreuve. C'est la raison pour laquelle la présence de certains artistes sur cet album est quelque peu ratée. Je vais me concentrer sur ceux qui ont - à mon sens - réussi le passage.

 
  • L'ouverture de l'album, par Noir Dèsir sur Aucun Express est parfait. N'étant pas un fan du groupe à la base, me voilà bien démuni, perdu : oui, Noir Désir sait faire de belles choses, et en l'occurence, bien refaire des choses. L'esprit Blues, étrange de l'univers de Bashung est totalement présent.
  • Le Madame Rêve par M est... Dingue. Fou. Il fait peur ! M en fait la complainte d'un dérangé sexuel profond. En fait, en passant de la voix de baryton de Bashung aux aigus et au vibrato de M, c'est là que le transformisme s'opère. Le côté sexuel de la chanson est inhérent au texte, qui est d'un érotisme incroyable.
  • Volutes, par Stefan Eicher. Ça lui colle à la peau, mais dans le bon sens. L'orchestration y est belle, et il est si bon d'entendre à nouveau le p'tit suisse. Le mystère Bashung y est très bien retranscrit, délivré, avec un réel esprit rock, folk, qui déménage.
  • Alcaline, par Christophe. Qui mieux que Christophe peut reprendre du Bashung ? Le mystère est déjà dans le personnage. Après, il y a une interprétation très personnelle de Christophe, et très electro (cf son dernier album passé sous silence).
Après tout ça... la présence de Vanessa Paradis, de Raphael et surtout des BB Brune est un peu... ratée. Je dis ratée pour éviter des mots blessants. Surtout pour les BB Brunes qui ont, quand même, autant d'esprit rock qu'une Belon, sachant que cette dernière a le mérite d'avoir un parfum, du goût, et une texture... Quant à Ma petite Entreprise, par Biolay, ça lui va comme un gant ce titre ! J'avoue avoir peu d'estime pour ce bonhomme, ses accointances, et ses vols à la tire. Biolay est, malgré certaines apparences un homme d'argent et de pouvoir. Et la Petite Entreprise serait-elle alors celle de sa vie si publique ?

Tout n'est donc pas à prendre ici, mais c'est un avis personnel que je partage avec vous. Alors je vous conseille d'écouter, d'apprécier, de juger, de partager. La grande qualité de cet album reste, à mon sens, de nous donner l'envie de réécouter du Bashung. Encore. Et Encore.
Donc, merci quand même aux 12 contributeurs.

Enjoy.
Peace & B wild

Le dernier disque de Prince de LU...


Mariage de Jazz, de Rythm'n'Blues et de soul, le trop court album (37 minuscules minutes...) de Nostagia 77 est l'apologie du son acoustique, à l'exception d'un orgue Hammond... Que d'aucuns considéreront comme acoustique du fait d'un son qui le distingue tant.


Une petite précision s'impose : le titre de l'album est The Sleepwalking Society.


Une ligne musicale qui insuffle un vent d'exotisme. L'ambiance est puriste, pas de fioritures dans la prod. Cela doit être l'apport des racines jazziques.
Et puis il y a cette impression d'être dans la petite salle de concert, presque un bar. Oui, un cadre intimiste, pour que Nostalgia 77 nous glisse sa musique rien que pour nous, les privilégiés.

Je reviens sur la durée de l'album. Il y a 30 ans, alors que le vinyle et la K7 audio étaient les seuls formats existants pour le très grand public, les albums nous livraient environ 25 minutes par face. Des opus de 50 minutes. Les 45 tours proposaient 3 à 5 minutes de bonheur par face, et les maxi 45 poussaient les longues versions jusqu'à une douzaine de minutes, pour les remixers les plus assidus.
Puis le CD est arrivé avec ses 74 minutes de stockage. Le prix de l'album CD avoisinait facilement les 120 francs. Soit le double du vinyle. Il fallait donc servir le client.
Aujourd'hui, le prix d'un album, en téléchargement, est d'environ 10 euro (si si, je vous l'assure : pas de "s" au plurielà euro...), ce qui rend le prix d'un album moins cher qu'il y a 30 ans... Vous me direz, un format AAC ou MP3 ne vaudra jamais la qualité CD... Et je ne parle pas du trop fragile vinyle.
... Et nous constatons donc sur de nombreuses sorties des durées d'écoute assez réduites : 45 minutes de ci. 49 minutes de là. Les artistes font comme les grandes multinationales de l'agro alimentaire : dans le même paquet, on en met un peu moins... C'est triste, car la bonne musique, c'est comme un Prince de LU : c'est bon, alors il faut arrêter de nous rogner les formats...
Quoiqu'il en soit et malgré sa trop courte durée, je vous conseille cette Sleepwalking society.

Enjoy.

Peace & B wild.

mardi 3 mai 2011

It rings a bell.

Catherine Ringer sort un album avec un beau, un très beau titre.

Ring'n'Roll. Le "Ring", c'est Ringer... Et c'est, en anglais, une sonnette.... ou alliance. Celle du mariage qui lie à jamais la folle Ringer au fou  Fred Chichin dans un doux mélange à base de rock.
Aussi, il est rassurant que le titre d'un album ne soit pas le titre d'une des chansons qui composent ce dit-album. Catherine Ringer nous promet une thématique, et elle s'y tient : le souvenir, la permanence.

Mais si nous regrettons Chichin, il est impressionnant de constater sur cet album à quel point Catherine Ringer est amoureuse de son Fred. Elle nous en parle continuellement. Les Rita ne peuvent plus exister, c'est donc à Catherine Ringer de pérenniser la présence  de son Fred. De notre Fred.
Je ne suis pas à proprement parler un fan des Rita... Oui, j'ai adoré, à l'époque Marcia Baila : qu'il est dingue de nous avoir fait danser - toute une génération - sur l'horreur de la maladie... Mais pour le reste de la production des Rita, à part Hip Tik qui était définitivement dans un son et une aspiration autres, je n'ai pas adoré. Donc.

Mais l'album de Ringer m'impressionne. Son amour pour Chichin,  pour la musique, sa "déjante" verbale et vocale ne peuvent qu'imposer le respect. Elle assume tout avec grandeur... et une humilité certaine.

Bon, je reste franc : comme pour les Rita, je n'adore pas tout (cf la déjante évoquée à l'instant), mais j'aime certaines choses, et j'aime l'esprit général de l'album. 

Des mentions spéciales quand même.
En number One, L'adagietto (très langsam) de la 5ème de Mahler. Ringer l'a osé. Cette musique, depuis 3 décennies que je la connais, me transporte. Et comme toute musique classique, elle semble intouchable... Comment vous dire à quel point depuis 30 ans j'ai toujours imaginé du vocal en écoutant cette musique... Je suis en fait comblé de bonheur, car Catherine a osé. Et le résultat est - forcément sombre - mais réellement beau. 

Deuxième mention spéciale à Got It Sweet. Un pur plaisir dans la répétition rythmique et Catherine qui nous hurle dès le début le fait qu'elle ait besoin de Son amour. Ce morceau transpire la sueur de l'esclavage dans lequel l'amour peut mettre.. 

Même si je ne suis pas entièrement fan, je m'incline face à ce que je croyais être une jean-foutre de la musique française. Donc, vous l'aurez compris, je vous conseille cet album.

Et là, j'ai un flash : je me rends compte que Julien Doré fait de la copie de Catherine Ringer. 

Enjoy.

Peace & B Wid.
      

Wu-Tang Clan cannot be dead.

C'est par un magnifique "Ladies'n'Gentlemen" que cet album nous introduit au carrefour du hip-hop, du trip-hop, et du rythm'n'blues.
Car, oui, Mesdames et Messieurs, vous voilà accueillis sous les ors flamboyants d'un grand chapiteau de la groove, c'est un spectacle hors du commun.
Les contorsionnistes vont s'en donner à coeur-joie, les amateurs de beat bien dosé vont avoir leur shoot et des courbatures là et puis là, les claqueurs de doigts vont choper des ampoules sur le gras du bas du pouce.
Vous l'aurez compris, cet album me procure un plaisir immense, et tout ce que j'espère, c'est que vous ayiez ce même plaisir.
Revenons sur l'accueil de cet album. Il est on-ne-peut-plus correct et respectueux. Et quand c'est Môssieur James Brown qui vous accueille sur le doux et langoureux son de la basse et de la rythmique de "this is a Man's Man's World". C'est pour vous inviter à vous mettre à l'aise, keep cool... cooool... so coooooool. Installez vous comme vous voulez. Bougez si vous voulez. Oui : c'est ça : faites comme vous voulez. Please : feel at ease.

Cette galette n'a pas été écrite ni composée en tant qu'album. Ici, Dreddy Kruger, pour la deuxième fois, fait revivre le Wu-Tang Clan, groupe mythique de la scène rap des années 90, en exhumant des "lost files". Le 1er opus, sorti en 2009 était des instru' sur lesquels on ne peut qu'imaginer de belles déclamations. 
Attention, le titre est long, très long : "Dreddy Kruger presents : Think Differently Music - Wu-Tang meets the Indie CultureThe Lost Files".

D'ailleurs, étaient-ils vraiment perdus, ces fichiers ? On s'en fiche : ce qui importe, c'est qu'is aient été retrouvés afin que nous puissions - oui - en profiter.
Cet album nous montre à quel point certaines personnalités savent exploiter les bienfaits du passé. Car chacune des 20 pistes contient l'essence, la quintessence du R'n'B. Ici, il ne faut surtout pas lire Arènebi, mais Rythm and Blues. Un son bourré d'Histoire, de témoignage, de vécu, d'ADN. Pas la soupe à deux balles du Arènebi. Et c'est pour ça que la présence de Brown en ouverture est d'une irréprochable légitimité.
L'ensemble de cet album est un concentré des cultures Black américaines depuis le début des années 70 jusqu'aux 90's. Une sorte de fichier zip de la blackattitude. Un travail merveilleux sur lequel la musicalité est très loin d'être laissée pour compte. Du Groove. Encore du Groove. Toujours du Groove... Avec la Rap-touch : exprimer, déclamer - sans les hurler - les urgences d'une société.
Pas de radinisme ici ! Les 20 pistes - parfois agrémentées de quelques talks de Jim Jarmush - vont, pour ceux qui sont aussi pâles que moi, réveiller des origines black en chacun de nous. Mais black d'outre-atlantique... Et pour être très précis, la transat s'arrête ici sur les 5 Buroughs de New York N-Y, avec en priorité Brooklyn, le Bronx, et le Queens.
Je vous conseille vivement cet album. Il fera apprécier aux plus rétifs le rap. Sans faire du gentil rappers' delight (même si celui-ci reste intemporel).
Enjoy.

Peace & B wild

Lezards du nord

... Avez vous remarqué à quel point la Scandinavie fait un bond culturel depuis plus de 10 ans. Ce n'est pas que ces gens se soient soudainement mis à faire les choses bien, c'est qu'ils se donnent aujourd'hui les moyens de les promouvoir à l'international.
Les arts du nord explosent : littérature, cinéma, design (ça c'est dans leurs gênes), théatre et, pour ce qui nous concerne, la musique.

Depuis que les Sugar Cubes nous ont permis de découvrir mondialement Björk, beaucoup d'autres scandinaves sont sortis de leur aurore boréale. S'il existaient pléthore de groupes alternatifs, connus et reconnus dans l'internationale underground, nous avons depuis 1 an une grande marée d'artistes qui émergent au grand public. Obel n'est qu'un des nombreux exemples.
Deux points communs à tous ces artistes :
- ils sont scandinaves, mais on le dit depuis le début
- tous sont positionnés musicalement sur des styles plutôt alternatifs. On sent une écriture, une composition et une interprétation qui se démarque systématiquement du son international que nous délivrent les ricains et autres grands bretons. Il y a une patte nordique, c'est indéniable.


Ici, c'est Inga Lijeström - qui aurait mieux fait de se trouver un pseudo - qui ne peut pas renier son ADN, et la terrible empreinte que la madone du froid, Mademoiselle Björk, a laissé dans la musique de toute une région de globe. L'album s'appelle Black Crow Jane, et je le recommande.

Inga est très vocale. Elle joue de son organe (j'adore cette expression...) avec plaisir, douleur, douceur... En bref, elle fait passer beaucoup de choses, de sentiments, grâce aussi à une production accomplie, un son qui se fait parfois cassant, parfois rond. Parfois classique, parfois déjanté... Il y a en fait un titre-terme qui résume l'album : Bittersweet, ce morceau aurait vraiment pu devenir le titre de l'opus, indiquant alors la tendance générale : c'est aigre-doux.
Il manque une certaine grandiloquence et un petit côté morbide pour que cette artiste puisse être confondue avec les incroyables signatures du label 4AD...

Donc, Black Crow Jane de Inga Lijeström (et tant pis pour elle si j'épelle mal...) Est recommandé par votre serviteur et ses oreilles. Celles-ci vont bien merci.
Enjoy,

Peace & B wild. Always.